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dimanche, 30 septembre 2007
Regarder ceux qui vivent près de nous
26edim C – 30 septembre 07 – « Regarder ceux qui vivent près de nous » cf. Am 6; Lc 16,19-31
1- Connaît-on près de nous des personnes vraiment dans la misère ? sinon, on peut voir à la télé calé sur son fauteuil bien des reportages sur les peuples du monde dans la misère et cela n’émeut pas beaucoup. Personnellement, j’ai vu à Addis Abeba, l’Hotel Hilton le plus beau et le plus luxueux d’Afrique et à la porte, des miséreux qui n’ont même pas de toit, dormant à même le trottoir et se faisant expulser de la ville quand les hautes autorités y viennent en visite. Le spectacle du monde. Dans bien des pays et peut-être aussi dans certaines villes de France, les quartiers des riches sont séparés par de hauts murs et gardés par des vigiles pour se « protéger » des pauvres. C’est une situation qui, loin de se résorber, s’amplifie. Comment la Bible parle t-elle de ce type de situation ? voyons les textes d’aujourd’hui.
2- L’évangile nous présente la parabole du riche et de Lazare. Nous la connaissons sans doute mais ce qui frappe, c’est que cette parabole racontée par Jésus à l’adresse de gens qui le critiquaient à propos de l’argent, est construite en deux parties. Premier tableau, une situation toute humaine : un riche très riche qu’on ne critique pas pour sa richesse mais parce qu’il ne voit pas et ne fait rien pour le pauvre misérable qui gît à sa porte. Aucune attention de sa part, il vit dans son monde, aucune compassion donc, aucun acte envers l’autre. Seul à vivre avec sa richesse, il meurt seul. Deuxième tableau : après la mort. Le pauvre est emporté dans la béatitude et le riche, dans les affres du malheur, les brûlures de l’enfer. Y aurait-il une justice ? ou une miséricorde ? Or un grand fossé, infranchissable, sépare le riche de Lazare ! et Dieu dit que la solution à ce problème se trouve dans le contexte ordinaire de l’existence. Tout existe, la Parole, la Loi, l’exemple des saints, et même la conscience, pour que chacun s’avise dans sa vie ordinaire qu’il lui importe d’être attentif à l’autre, spécialement, s’il est sans grade, sans importance ou misérable. Ainsi, le fameux fossé n’est pas au-delà de la mort ; il est déjà là, dans le présent et si on n’y prend garde, il s’amplifie pour devenir à jamais infranchissable mais pas dans le sens qu’on imaginait, d’une manière inversée. Ainsi les actes d’aujourd'hui ou l’absence d’actes d’aujourd’hui sont-ils inscrits pour toujours.
3- Qu’est-ce que cela veut dire pour nous aujourd’hui ?
Tout d’abord, cette parabole ne s’adresse pas spécialement aux chrétiens ni aux croyants. Elle s’adresse à tous, quelques soient ses convictions politiques ou religieuses. L’attention au misérable à côté de soi ou la non-attention à lui est un formidable rendez-vous pour tout homme s’il veut connaître la vraie vie ou au contraire, l’absurde, la mort, et l’oubli. C’est la conscience de l’homme qui est sollicitée et on n’aura jamais de cesse de se demander si on est à créer ou participer à un fossé entre les repus et les ventres vides.
Ensuite, on ne peut pas résoudre, bien sûr, à notre simple niveau les grands problèmes mondiaux de la répartition juste des richesses entre les hommes. Mais, on a chacun à prendre même petitement, notre part pour qu’il en soit autrement sur notre terre. Aucun petit geste n’est inutile. Mère Teresa nous a bien montré qu’il ne fallait pas attendre qu’on s’accorde sur la solution des grands problèmes, mais que quelqu’un à côté de nous attendait, quelqu’un qu’on n’avait pas vu, quelqu’un auquel on n’avait pas pensé, et qu’il s’agissait d’oser et d’oser y aller. Oser faire des ponts plutôt que des murs.
Enfin, si nous nous considérons comme chrétiens, c’est à dire, disciples de Jésus, notre engagement à sa suite nous fait franchir bien des timidités, frilosités ou peurs. Et chacun reçoit un charisme, un don à mettre en œuvre. Ce n’est pas par devoir que nous agissons, mais par amour. Et parfois, sans retour, dans l’incompréhension, peut-être. Ne nous arrêtons pas !
Prions pour que nos yeux s’ouvrent car sous l’aspect de Lazare, c’est la figure de Jésus supplicié qui apparaît. Prions d’une manière active, car la charité se fait inventive. Elle porte ses fruits portée par le souffle des priants. Prions aussi pour les riches et supplions Dieu.
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Semaine du 24 au 30 septembre 2007
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dimanche, 23 septembre 2007
Transmettre et aimer
25edim C – 23 septembre 07 – Journée de Rentrée : « Transmettre et aimer » – cf. Lc 16,1-13
1- Toute notre journée, venus de partout, grands et petits, nous avons voulu participer ensemble à des tas d’activités associés à l’acte de transmettre et d’aimer. Qui peut transmettre s’il n’aime pas d’abord ? On voit trop souvent des personnes qui ne veulent rien transmettre parce que leurs cœurs restent fermés aux autres. Mais nous connaissons aussi des personnes qui ont presque rien et qui donnent tout parce qu’elles aiment et elles se trouvent ainsi sur le chemin du bonheur. Il y a des personnes d’un certain âge qui ne veulent rien laisser aux autres ; il y a des personnes aux cheveux gris ou blancs qui vont au contraire, tout faire pour que ceux qui les suivent découvrent les secrets de la vie qui sont le don de soi, le partage et l’amour.
2- Dans l’évangile qu’on vient d’écouter, Jésus veut nous entraîner à être habile pour gérer le « bien véritable ». Il prend un exemple sous forme de parabole pour illustrer comment les hommes sont capables de tout pour « réussir » leurs objectifs ; y compris la malhonnêteté. D’où l’histoire de ce gérant malhonnête qui use jusqu’au bout des biens de son maître pour les détourner à son profit. Bien sûr Jésus ne met pas en avant sa malhonnêteté mais son habileté à atteindre ses buts. N’est-ce pas ce que nous voyons en permanence autour de nous ? Aussi, l’Évangile nous invite-t-il à ne pas être moins généreux dans notre marche à la suite du Christ en vue de ce que l’on appelle le Royaume, c’est-à-dire la réussite totale de nos vies. À vrai dire, il nous est moins demandé de « faire des choses » que d’aimer. C’est bien l’amour qui nous dira ce qu’il y a à faire et qui nous donnera les forces pour l’accomplir. Seulement, la découverte de l’amour vrai exige que nous renoncions à prendre, pour apprendre à donner. L’amour nous invite à transmettre, en vérité. Sans jamais nous lasser, du moment qu’il s’agisse de l’essentiel, du secret du bonheur !
3- Qu’avons – nous à transmettre ?
Tout d’abord, le goût de la vie. Beaucoup d’entre nous savent comment la vie est difficile, avec de multiples épreuves qui surviennent au cours de l’existence. Epreuves morales, quand on perd quelqu’un qu’on aime, ou qu’on est abandonné des siens. Epreuves physiques par la maladie, les infirmités, les souffrances. Epreuves économiques, quand on n’arrive pas à faire face à ses dépenses, qu’on perd son travail. Epreuves spirituelles, quand c’est le trou noir dans sa vie d’amour et de don de soi. Bref, il s’agit pour chacun de transmettre comment on passe toutes ces épreuves, comment on les porte malgré tout. Comment les plus durs moments n’éteignent pas le goût de vivre, au contraire, permettent de se dépasser et de se renouveler.
Ensuite, le goût de la Parole de vie qui est la Parole de Dieu. C’est l’expérience des croyants. On croit toujours que Dieu est absent ou loin de nous. En fait, Dieu est une présence d’amour qui se dit dans la parole, dans l’entre – deux des personnes, toujours avec douceur mais avec force à la fois. Nous aidant à nous dépasser, à aller plus loin. C’est une parole brûlante, vivante. Elle dit l’indicible. Elle dit le sens. Cette parole ne s’impose pas, elle ne fait rien de malhonnête. C’est une parole de vérité et parfois, il en coûte de témoigner d’elle. Aussi on ne fera jamais l’économie de la connaître, de l’approfondir, de l’engager, de l’aimer.
Enfin, le goût de servir. Il n’y a pas de parole bonne qui ne porte de fruits dans la vie. La vie de foi se transmet dans le service des autres. Si je dis que je crois et si je ne fais rien pour les autres, je suis en mauvaise posture. Mais si le service devient premier dans ma vie, alors, c’est un témoignage que je porte et je transmets autour de moi ce qui me fait vivre. Pas besoin de discours, ma vie parle d’elle même et il me suffit alors de faire remonter ce que je vois, ce que je fais, à sa source, c’est à dire à notre Père des Cieux de qui tout vient et qui pourvoit à tout.
Prions en ce début d’année pastorale pour tous nos petits frères et petites sœurs qui démarrent un chemin de vie et de foi dans la catéchèse, l’aumônerie ou le catéchuménat et aussi ceux qui seront à leur transmettre ce qui est premier : la Parole de Dieu à la fois vivante et aimante.
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Semaine du 17 au 23 septembre 2007
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dimanche, 16 septembre 2007
La joie d’un retour
24e dim C– 16 septembre 2007 –« La joie d’un retour » cf. Ex 32,7-..14 ; 1Tm 1,12-17; Lc 15,1-32
1- Avez-vous déjà vu dans certains lieux publics le signalement ou les photos de jeunes ou des enfants qui ont disparu ? Parfois, on produit des portraits robots pour tenir compte de leur « vieillissement ». Leurs parents les recherchent. Réapparaîtront-ils ou bien seront-ils à jamais perdus ? angoisse et espoir à la fois. Une mère attend tous les jours le retour de son enfant dont elle n’a plus de nouvelles. Peu importe l’allure qu’il aura : elle l’accueillera, c’est sûr. Et ne lui posera pas de question, dit-elle ! et quand un enfant revient, quelle joie ! pas de reproche mais le plaisir de se voir à nouveau, parfois après beaucoup d’années ; les larmes coulent des yeux, on se serre, on se dit qu’on ne se sépare plus.
Tout cela nous fait penser aux textes d’aujourd’hui.
2- Beaucoup de religions connaissent le Dieu de miséricorde, et spécialement la religion juive qui célèbre en ce moment le Grand Pardon. L’Ancien testament qui est la Bible des Juifs rappelle en permanence, comme dans la 1re lecture d’aujourd’hui, comment Dieu pardonne à son peuple ses infidélités. Dans la religion musulmane aussi, qui célèbre en ce moment le début du Ramadan, Dieu miséricordieux est l’expérience que fait tout croyant. En cela, nous sommes très proches les uns des autres. L’Evangile de Luc est précisément celui qu’on appelle l’Evangile de la miséricorde et l’évangile d’aujourd’hui (chap. 15), dit mieux que tout comment s’exerce cette miséricorde de Dieu. S’exprime t-elle différemment qu’ailleurs ?
Dieu est d’abord présenté comme un berger qui perd 1% de son troupeau. Il fera d’immenses efforts pour rechercher jusqu’à la trouver, cette brebis qu’il ramènera sur ses épaules, sans lui faire aucun reproche et dans la joie. Puis, Dieu est présenté comme une femme qui a perdu 10% de sa fortune et qui fouille sa maison pendant des jours jusqu’à la retrouver. Quelle joie ensuite et joie partagée avec les amies! Puis, Dieu est présenté comme un père qui perd l’incalculable : un fils. Il ne court pas, il ne bouge pas. Il attend. Il lui laisse toute liberté. Jusqu’au bout. Et quand il voit son fils perdu revenir, il ne lui pose aucune question, il lui montre tout son amour et donne en abondance tout ce qu’il a. Quant à la situation de l’autre fils, l’aîné, qui est toujours resté sur place, dont il voit le cœur se distancier : le père va prendre tout son temps, tout laisser pour lui, sans même être sûr de le convaincre d’entrer dans la même logique d’amour et de miséricorde. Ainsi, comme dans les autres religions, l’Evangile nous présente Dieu comme un miséricordieux. Mais différemment des autres, l’Evangile nous présente Dieu comme un Père. Ainsi, Dieu, n’est pas froid, calculateur, ou surplombant l’humain. Dieu est proche, humain, comme un père, un père idéal qui aime jusqu’au bout, jusqu’à se perdre. C’est l’expérience que Jésus a voulu communiquer.
3- Peut-on en comprendre le sens pour aujourd’hui ?
Tout d’abord, nous sommes interrogés sur l’image de Dieu. Et nous sommes handicapés par les représentations que nous en faisons. La psychologie a démontré que nous projetons sur Dieu les phantasmes de la petite enfance telles que l’autorité, la toute puissance, celui qui punirait les écartades qu’on fait. Ça, c’est nous qui projetons, ce n’est pas ce que Dieu est !
Ensuite, comment changer l’image de Dieu, si ce n’est en faisant soi-même l’expérience que Dieu est amour, qu’il est gratuité, qu’il nous restaure, nous soutient, nous aide. Cette expérience, Dieu lui-même nous permet de la faire lorsque nous venons à lui, nous laissant porter sur ses épaules, cueillir dans ses mains, en nous jetant dans ses bras. Il est Père !
Enfin, c’est l’évangile qui va travailler nos vies, produire la joie, une joie immense, un bonheur d’être aimé plus que tout. Et on va le communiquer, sans efforts. Regardons si nous restons à la porte comme un fils aîné aigri et qui se ferme ou bien si on est comme ce fils qui revient et qui reprend une nouvelle vie parce que la confiance du Père ne s’est jamais stoppée.
Prions pour tous les blessés de la vie, ceux qui se blessent eux mêmes et ceux qui sont blessés par d’autres.Qu’ils trouvent sur leur chemin des personnes qui les aiment un peu comme Dieu
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Semaine du 10 au 16 septembre 2007
Chers amis
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jeudi, 13 septembre 2007
Nouveaux échos de la marche-pèlerinage vers Saint Jacques de Compostelle
Du 20 au 30 août 2007, s’est déroulée la 3e étape de ce grand pèlerinage que nous organisons sous la forme d’une randonnée au départ de la Collégiale d’Eymoutiers jusqu’au sanctuaire de St Jacques de Compostelle. Commencé en 2005, il s’achève en 2012, année du Millénium de la Collégiale.
Cette étape d’une longueur totale de 224 km parcourus à pied, a regroupé une quarantaine de personnes de tous âges et de toute la région, comme les années précédentes. Malheureusement quelques uns n’ont pu nous rejoindre au dernier moment et nous avons beaucoup pensé à elles et prié pour elles. Chaque matin, après un lever à 7h00, petit déjeuner puis temps de méditation avec le texte « Les marcheurs de Dieu » ou d’autres livres apportés par les participants, on s’élançait sur les chemins vers 8h30 avec un arrêt du midi, une nouvelle installation sous tentes vers 17h00, eucharistie pour les volontaires, auxquels se sont adjoints passants et villageois, surtout dans les lieux où la messe est rare. Dîner et veillée jusqu’à 21h00. Chacun a pu évoluer sur le chemin ; en voici quelques impressions.
Le premier jour, lundi 20 aout, fut consacré à l’acheminement d’Eymoutiers à Saint Antoine en car spécial. Nous sommes sur le terrain gersois que la municipalité nous a offert déjà l’an dernier. Les préparatifs ont été remodelés pour s’ajuster aux véhicules transportant vivres et bagages. Les plus jeunes du groupe ont 10 ans. De nouvelles personnes se sont rajoutées ; des anciens de 2005 sont revenus. Il faut reconstituer cet esprit de famille qui caractérise notre expédition et cela se fait très vite, dans la bonne humeur et l’entrain. Ultreia !
La traversée des départements du Gers, le sud des Landes, jusqu’en Béarn.
Le Gers est un département du Sud-Ouest chargé d’histoire. On est surpris par la variété des paysages, des villes, des sites les plus divers. La marche et son rythme permettent de contempler les lieux avec des yeux qui voient au pas à pas. Le chemin est balisé ; la fameuse coquille signale régulièrement carrefours et embranchements. Il suit le GR 65 et est en même temps la Voie du Puy qui joint cette ville au Camino Frances.
Tout d’abord, les paysages vallonnés nous font monter et descendre, surplomber, admirer, malgré le temps maussade des premiers jours, les nombreuses cultures qui s’étageront du nord-est au sud-ouest au fur et à mesure des avancées. L’arboriculture avec les pruniers, les champs de melons, les champs de tournesol fleuris. Et les vignes dans la région de l’Armagnac qui donnent du vin doux et des possibilités de distillation. Les champs de céréales ont été récoltés, bientôt recouverts de surfaces fourragères. Puis, tour à tour, les champs de haricot, de soja, de maïs. Les troupeaux de Blondes d’Aquitaine se font plus fréquents ; ça et là, des troupeaux laitiers. Nous traversons une région agricole qui a misé sur la variété de ses ressources, les valorisant au mieux pour la joie des consommateurs. La terre est « amoureuse », c’est à dire, elle colle à nos chaussures. Nous l’habitons ainsi. Elle nous habite aussi.
Le Gers, le département gascon aux 1000 châteaux, 750 églises, 6 cathédrales. Nous croisons les splendeurs médiévales. Un soir, nous admirons le site classé de Larresingle, une place forte du 11ième , lorsque nous couchons à l’ombre de ses remparts. La Collégiale de La Romieu avec son cloitre, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, nous accueille pour une célébration. Elle a été développée par les papes d’Avignon. Les villages avec leurs enceintes, leurs lavoirs et leurs marchés, les villes (Lectoure, Condom, Eauze) avec leurs cathédrales, nous les visitons, les apprécions. De multiples églises splendides avec leur cimetière environnant nous offrent un havre de paix, le temps d’une prière. Mais aussi les rendez-vous d’aujourd’hui avec le circuit de course de Nogaro, les fêtes des villages, parfois bruyants, toute une organisation pour découvrir les ressources d’hier et d’aujourd’hui.
Après le Gers, ce sont les confins de la Chalosse et du Tursan, cette partie vallonnée des Landes moins connue que la plaine des Pins. Les villages sont juchés sur les hauteurs, comme pour surveiller et se défendre. Après une journée de chaud soleil à traverser les champs de maïs, nous atteignons Aire sur l’Adour. Le camping est installé au bord du fleuve. Nous apprécions son calme avec la Cathédrale en réfection et l’église de Sainte Quitterie abritant le tombeau de la martyre.
Enfin, les coteaux riants du Béarn. Polyculture, élevage, les fermes sont plus fréquentes, les villages accueillants. On peut traverser une forêt de feuillus, prendre des chemins en côtes, traverser des ruisseaux et rivières. La marche, loin de ralentir, garde un bon rythme. On s’étonne d’avancer autant.
Ceux qui nous accueillent et ceux qui marchent.
Car sur la route, nous ne sommes pas seuls. Il y a ceux qui marchent et ceux qui accueillent. Dès la première journée, nous rejoignons le « groupe » de ceux qui vont à Compostelle. A Saint Antoine, le responsable du gîte a dénombré pour l’année, le passage de 35 000 personnes.
Il y a ceux qui marchent seuls. Ils viennent de loin : l’un est parti de Berlin le 1ier avril, à travers l’est de l’Europe puis l’Autriche et la Suisse, a rejoint Le Puy ; il prévoit d’arriver à St Jacques pour le 1ier octobre. Un autre vient de Belgique, un autre du Québec ou de Paris. Toutes les origines sont présentes. Quelques uns font le parcours pour la deuxième fois. Et puis, il y a les couples. La retraite arrivant, ils veulent faire le point. Beaucoup viennent d’Allemagne, du nord de l’Europe et même d’Australie. On rencontre aussi des petits groupes de 3, 4 ou 5 personnes. La plupart ont choisi une formule proche de la nôtre : effectuer chaque année une partie du chemin jusqu’à son terme. Nous nous croisons, recroisons ; parfois on se revoit au bout de quelques jours. Il y a comme une complicité spirituelle.
Et puis, il y a ceux qui sont sur le chemin et qui accueillent. Sans eux, la route serait plus difficile. Le premier soir, à St Avit Frandat, nous sommes au château des Chevaliers de Malte avec visite guidée et l’offre d’un hébergement. A Larresingle, c’est le tenancier de l’auberge, avec sa gouaille, qui nous ouvre largement salle et sanitaires. A Lamothe, le maire du village nous héberge dans les jardins de sa ferme, nous fait visiter ses chais et nous fait gouter les divers vins et floc d’armagnac de sa production. A Miramont-Sensacq, c’est Roger, le sympathique curé, dirigeant de rugby et chauffeur de car scolaire, qui nous passionne avec son témoignage une soirée entière. C’est enfin à Arzacq, l’accueil par l’équipe d’animation pastorale venue marcher avec nous les derniers kilomètres et partager après une belle célébration à l’église paroissiale, le copieux repas du soir servi dans les locaux de l’accueil municipal des pélerins de St Jacques.
Ainsi, on se découvre d’une même et grande famille, associés d’une manière ou d’une autre sur le « chemin ».
Le « chemin » travaille les cœurs.
Quand nous sommes partis en 2005, nous ne savions pas encore quel itinéraire serait le nôtre. Nous sommes partis aussi au nom de tous les paroissiens pour cette « longue marche » sachant que nos pieds et nos cœurs devaient s’ajuster à tous les terrains (physique, moral, spirituel). Ainsi, peu à peu, une communauté composée de personnes très diverses quant à leur origine, âge, sensibilité, conviction, s’est formée. Chacun prenant sa part de l’ensemble, certains plus que d’autres, mais toujours en fonction de ses compétences, volontés, capacités ou charismes. Il m’a semblé que le contact ouvert à d’autres, le respect de l’autre, l’écoute et le partage aidaient chacun à progresser et grandir sur ce chemin. Il continuera encore à nous travailler par ses beautés et ses surprises. Ultreia !
Jean-Michel Bortheirie
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dimanche, 09 septembre 2007
Pour être disciple de Jésus
23e dim C – 9 septembre 2007 – « Pour être disciple de Jésus » cf. Sg 9, 13-18 ; Lc 14, 25-33
1- Un jeune couple après 3 ans de mariage et la naissance d’une petite fille, constatent leurs différences qui semblent s’accentuer malgré tous leurs efforts : ils se séparent mardi prochain ; pourtant, ils semblaient tous les deux croyants. Peut-être n’avaient-ils pas assez mesuré à l’avance les exigences qu’impose une vie de couple. Mais qui peut mesurer cela à l’avance ? Certains imprévus de la vie peuvent dérouter, ou au contraire renforcer, suivant la manière dont on s’y est préparé. Ainsi, Mère Teresa a connu dans son cœur et pendant 50 ans, le vide, la sécheresse et l’absence de Dieu. Or, elle a tenu jusqu’au bout dans la foi et dans la prière, communiquant la joie du service qui se donne tout entier. On peut, au tournant d’une vie, se convaincre qu’on a fait fausse route et changer du tout au tout. On peut aussi balayer ces inquiétudes et continuer à avancer malgré tout, parce que la lumière vient un jour.
Les textes d’aujourd’hui nous aident à y réfléchir.
2- le Livre de la Sagesse écrit 50 ans seulement avant notre ère dans l’opulente Alexandrie de l’époque, ville des sciences et des lettres, marquée par ses Ecoles et son Art, lançait un cri à l’homme instruit et tenté par le matérialisme : le chemin de l’homme dépasse infiniment ce qu’il en perçoit. Il est porté par la sagesse divine dont on ne sait pas tous les tenants et les aboutissants. Mais Dieu envoie aux hommes cette Sagesse qui est sa Présence, son Esprit et que chacun trouve le sens de son chemin ou que le chemin, à travers ses méandres, devienne peu à peu un chemin vers Dieu.
La Sagesse a pris corps en la personne de Jésus. Qui devient lui-même « chemin » vers Dieu. Les foules s’étaient mises à le suivre dans la Galilée de ce temps, parce qu’elles percevaient chez cet homme une vie et une force extraordinaires. Sans forcément comprendre où cela s’origine et jusqu’où cela le conduira : la croix ! Une forme où rien ne subsiste, hormis le don absolu de soi-même, le vide de soi-même par le plein d’amour des autres. La croix n’est pas au bout du chemin ; la croix est « le » chemin. En prenant sa route, Jésus éprouve en lui-même que ce don absolu de soi est déjà tout entier dès le commencement. En choisissant de ne vivre que pour donner sa vie, il provoque l’incompréhension, y compris des gens de sa famille. Aussi, avertit-il ceux qui veulent le suivre : il n’y a pas d’autre chemin que le renoncement à soi-même si on veut entrer dans la Vie et ce renoncement, est le moyen où déjà se vit la fin. Pour entrer dans cette démarche de disciple, mieux vaut réfléchir avant de s’embarquer, sinon, on aura tout perdu et pour rien. C’est le sens des deux paraboles de la tour à construire ou de la bataille à livrer : est-on capable d’aller jusqu’au bout ? oui, si on renonce à tout ce qui attache le cœur à ce qui, au fond, produisait la mort et jamais la vie.
3- Qu’est-ce que ça veut dire pour nous aujourd’hui ?
Tout d’abord, la proposition que Jésus faisait à ceux qui voulaient le suivre en son temps, il la fait tout autant aujourd’hui, mais seulement à ceux qui ont déjà perçu quelque chose de lui, qui le connaissent un peu. On ne peut pas se mettre à suivre le Christ, si on ne le connaît pas, si on ne l’aime pas. Cela est donné peu à peu dans une relation qui s’approfondit.
Ensuite, la relation au Christ est passée au crible. Le chemin peut être ardu, avec des épreuves. La plus grande épreuve sera la fidélité à l’appel reçu. On n’a pas à chercher des croix imaginaires. La vie se charge de nous en donner et chacun aura la sienne, souvent inattendue. C’est en la portant avec amour comme le Christ, qu’on trouve le bonheur profond.
Enfin, nul besoin d’être croyant affiché pour entrer dans cette destinée. On peut être fidèle à la vie telle qu’elle nous est donnée de la vivre. Essayer de la conduire jusqu’au bout. En renonçant à ce qui ne fait que renforcer l’ego et en ouvrant en permanence son cœur à plus que soi. Ainsi, sans le savoir, on devient disciple du Christ par le chemin de fidélité à la vie.
Prions pour ceux qui cherchent leur chemin. Et pour ceux qui l’ont trouvé, qu’ils y restent fidèles. Prions pour tous les disciples du Christ y compris nous-mêmes : ne pas rester au milieu du chemin mais avancer, avec la confiance que le Seigneur est toujours avec nous.
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Semaine du 03 au 09/09/2007
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