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dimanche, 30 septembre 2007

Regarder ceux qui vivent près de nous

26edim C – 30 septembre 07 – « Regarder ceux qui vivent près de nous » cf. Am 6; Lc 16,19-31

1-        Connaît-on près de nous des personnes vraiment dans la misère ? sinon, on peut voir à la télé calé sur son fauteuil bien des reportages sur les peuples du monde dans la misère et cela n’émeut pas beaucoup. Personnellement, j’ai vu à Addis Abeba, l’Hotel Hilton le plus beau et le plus luxueux d’Afrique et à la porte, des miséreux qui n’ont même pas de toit, dormant à même le trottoir et se faisant expulser de la ville quand les hautes autorités y viennent en visite. Le spectacle du monde. Dans bien des pays et peut-être aussi dans certaines villes de France, les quartiers des riches sont séparés par de hauts murs et gardés par des vigiles pour se « protéger » des pauvres. C’est une situation qui, loin de se résorber, s’amplifie. Comment la Bible parle t-elle de ce type de situation ? voyons les textes d’aujourd’hui.

 

2-        L’évangile nous présente la parabole du riche et de Lazare. Nous la connaissons sans doute mais ce qui frappe, c’est que cette parabole racontée par Jésus à l’adresse de gens qui le critiquaient à propos de l’argent, est construite en deux parties. Premier tableau, une situation toute humaine : un riche très riche qu’on ne critique pas pour sa richesse mais parce qu’il ne voit pas et ne fait rien pour le pauvre misérable qui gît à sa porte. Aucune attention de sa part, il vit dans son monde, aucune compassion donc, aucun acte envers l’autre. Seul à vivre avec sa richesse, il meurt seul. Deuxième tableau : après la mort. Le pauvre est emporté dans la béatitude et le riche, dans les affres du malheur, les brûlures de l’enfer. Y aurait-il une justice ? ou une miséricorde ? Or un grand fossé, infranchissable, sépare le riche de Lazare ! et Dieu dit que la solution à ce problème se trouve dans le contexte ordinaire de l’existence. Tout existe, la Parole, la Loi, l’exemple des saints, et même la conscience, pour que chacun s’avise dans sa vie ordinaire qu’il lui importe d’être attentif à l’autre, spécialement, s’il est sans grade, sans importance ou misérable. Ainsi, le fameux fossé n’est pas au-delà de la mort ; il est déjà là, dans le présent et si on n’y prend garde, il s’amplifie pour devenir à jamais infranchissable mais pas dans le sens qu’on imaginait, d’une manière inversée. Ainsi les actes d’aujourd'hui ou l’absence d’actes d’aujourd’hui sont-ils inscrits pour toujours.

 

3-        Qu’est-ce que cela veut dire pour nous aujourd’hui ?

Tout d’abord, cette parabole ne s’adresse pas spécialement aux chrétiens ni aux croyants. Elle s’adresse à tous, quelques soient ses convictions politiques ou religieuses. L’attention au misérable à côté de soi ou la non-attention à lui est un formidable rendez-vous pour tout homme s’il veut connaître la vraie vie ou au contraire, l’absurde, la mort, et l’oubli. C’est la conscience de l’homme qui est sollicitée et on n’aura jamais de cesse de se demander si on est à créer ou participer à un fossé entre les repus et les ventres vides.

Ensuite, on ne peut pas résoudre, bien sûr, à notre simple niveau les grands problèmes mondiaux de la répartition juste des richesses entre les hommes. Mais, on a chacun à prendre même petitement, notre part pour qu’il en soit autrement sur notre terre. Aucun petit geste n’est inutile. Mère Teresa nous a bien montré qu’il ne fallait pas attendre qu’on s’accorde sur la solution des grands problèmes, mais que quelqu’un à côté de nous attendait, quelqu’un qu’on n’avait pas vu, quelqu’un auquel on n’avait pas pensé, et qu’il s’agissait d’oser et d’oser y aller. Oser faire des ponts plutôt que des murs.

Enfin, si nous nous considérons comme chrétiens, c’est à dire, disciples de Jésus, notre engagement à sa suite nous fait franchir bien des timidités, frilosités ou peurs. Et chacun reçoit un charisme, un don à mettre en œuvre. Ce n’est pas par devoir que nous agissons, mais par amour. Et parfois, sans retour, dans l’incompréhension, peut-être. Ne nous arrêtons pas !

Prions pour que nos yeux s’ouvrent car sous l’aspect de Lazare, c’est la figure de Jésus supplicié qui apparaît. Prions d’une manière active, car la charité se fait inventive. Elle porte ses fruits portée par le souffle des priants. Prions aussi pour les riches et supplions Dieu.

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