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dimanche, 16 septembre 2007
La joie d’un retour
24e dim C– 16 septembre 2007 –« La joie d’un retour » cf. Ex 32,7-..14 ; 1Tm 1,12-17; Lc 15,1-32
1- Avez-vous déjà vu dans certains lieux publics le signalement ou les photos de jeunes ou des enfants qui ont disparu ? Parfois, on produit des portraits robots pour tenir compte de leur « vieillissement ». Leurs parents les recherchent. Réapparaîtront-ils ou bien seront-ils à jamais perdus ? angoisse et espoir à la fois. Une mère attend tous les jours le retour de son enfant dont elle n’a plus de nouvelles. Peu importe l’allure qu’il aura : elle l’accueillera, c’est sûr. Et ne lui posera pas de question, dit-elle ! et quand un enfant revient, quelle joie ! pas de reproche mais le plaisir de se voir à nouveau, parfois après beaucoup d’années ; les larmes coulent des yeux, on se serre, on se dit qu’on ne se sépare plus.
Tout cela nous fait penser aux textes d’aujourd’hui.
2- Beaucoup de religions connaissent le Dieu de miséricorde, et spécialement la religion juive qui célèbre en ce moment le Grand Pardon. L’Ancien testament qui est la Bible des Juifs rappelle en permanence, comme dans la 1re lecture d’aujourd’hui, comment Dieu pardonne à son peuple ses infidélités. Dans la religion musulmane aussi, qui célèbre en ce moment le début du Ramadan, Dieu miséricordieux est l’expérience que fait tout croyant. En cela, nous sommes très proches les uns des autres. L’Evangile de Luc est précisément celui qu’on appelle l’Evangile de la miséricorde et l’évangile d’aujourd’hui (chap. 15), dit mieux que tout comment s’exerce cette miséricorde de Dieu. S’exprime t-elle différemment qu’ailleurs ?
Dieu est d’abord présenté comme un berger qui perd 1% de son troupeau. Il fera d’immenses efforts pour rechercher jusqu’à la trouver, cette brebis qu’il ramènera sur ses épaules, sans lui faire aucun reproche et dans la joie. Puis, Dieu est présenté comme une femme qui a perdu 10% de sa fortune et qui fouille sa maison pendant des jours jusqu’à la retrouver. Quelle joie ensuite et joie partagée avec les amies! Puis, Dieu est présenté comme un père qui perd l’incalculable : un fils. Il ne court pas, il ne bouge pas. Il attend. Il lui laisse toute liberté. Jusqu’au bout. Et quand il voit son fils perdu revenir, il ne lui pose aucune question, il lui montre tout son amour et donne en abondance tout ce qu’il a. Quant à la situation de l’autre fils, l’aîné, qui est toujours resté sur place, dont il voit le cœur se distancier : le père va prendre tout son temps, tout laisser pour lui, sans même être sûr de le convaincre d’entrer dans la même logique d’amour et de miséricorde. Ainsi, comme dans les autres religions, l’Evangile nous présente Dieu comme un miséricordieux. Mais différemment des autres, l’Evangile nous présente Dieu comme un Père. Ainsi, Dieu, n’est pas froid, calculateur, ou surplombant l’humain. Dieu est proche, humain, comme un père, un père idéal qui aime jusqu’au bout, jusqu’à se perdre. C’est l’expérience que Jésus a voulu communiquer.
3- Peut-on en comprendre le sens pour aujourd’hui ?
Tout d’abord, nous sommes interrogés sur l’image de Dieu. Et nous sommes handicapés par les représentations que nous en faisons. La psychologie a démontré que nous projetons sur Dieu les phantasmes de la petite enfance telles que l’autorité, la toute puissance, celui qui punirait les écartades qu’on fait. Ça, c’est nous qui projetons, ce n’est pas ce que Dieu est !
Ensuite, comment changer l’image de Dieu, si ce n’est en faisant soi-même l’expérience que Dieu est amour, qu’il est gratuité, qu’il nous restaure, nous soutient, nous aide. Cette expérience, Dieu lui-même nous permet de la faire lorsque nous venons à lui, nous laissant porter sur ses épaules, cueillir dans ses mains, en nous jetant dans ses bras. Il est Père !
Enfin, c’est l’évangile qui va travailler nos vies, produire la joie, une joie immense, un bonheur d’être aimé plus que tout. Et on va le communiquer, sans efforts. Regardons si nous restons à la porte comme un fils aîné aigri et qui se ferme ou bien si on est comme ce fils qui revient et qui reprend une nouvelle vie parce que la confiance du Père ne s’est jamais stoppée.
Prions pour tous les blessés de la vie, ceux qui se blessent eux mêmes et ceux qui sont blessés par d’autres.Qu’ils trouvent sur leur chemin des personnes qui les aiment un peu comme Dieu
11:00 Publié dans Homélies | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


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