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dimanche, 09 septembre 2007
Pour être disciple de Jésus
23e dim C – 9 septembre 2007 – « Pour être disciple de Jésus » cf. Sg 9, 13-18 ; Lc 14, 25-33
1- Un jeune couple après 3 ans de mariage et la naissance d’une petite fille, constatent leurs différences qui semblent s’accentuer malgré tous leurs efforts : ils se séparent mardi prochain ; pourtant, ils semblaient tous les deux croyants. Peut-être n’avaient-ils pas assez mesuré à l’avance les exigences qu’impose une vie de couple. Mais qui peut mesurer cela à l’avance ? Certains imprévus de la vie peuvent dérouter, ou au contraire renforcer, suivant la manière dont on s’y est préparé. Ainsi, Mère Teresa a connu dans son cœur et pendant 50 ans, le vide, la sécheresse et l’absence de Dieu. Or, elle a tenu jusqu’au bout dans la foi et dans la prière, communiquant la joie du service qui se donne tout entier. On peut, au tournant d’une vie, se convaincre qu’on a fait fausse route et changer du tout au tout. On peut aussi balayer ces inquiétudes et continuer à avancer malgré tout, parce que la lumière vient un jour.
Les textes d’aujourd’hui nous aident à y réfléchir.
2- le Livre de la Sagesse écrit 50 ans seulement avant notre ère dans l’opulente Alexandrie de l’époque, ville des sciences et des lettres, marquée par ses Ecoles et son Art, lançait un cri à l’homme instruit et tenté par le matérialisme : le chemin de l’homme dépasse infiniment ce qu’il en perçoit. Il est porté par la sagesse divine dont on ne sait pas tous les tenants et les aboutissants. Mais Dieu envoie aux hommes cette Sagesse qui est sa Présence, son Esprit et que chacun trouve le sens de son chemin ou que le chemin, à travers ses méandres, devienne peu à peu un chemin vers Dieu.
La Sagesse a pris corps en la personne de Jésus. Qui devient lui-même « chemin » vers Dieu. Les foules s’étaient mises à le suivre dans la Galilée de ce temps, parce qu’elles percevaient chez cet homme une vie et une force extraordinaires. Sans forcément comprendre où cela s’origine et jusqu’où cela le conduira : la croix ! Une forme où rien ne subsiste, hormis le don absolu de soi-même, le vide de soi-même par le plein d’amour des autres. La croix n’est pas au bout du chemin ; la croix est « le » chemin. En prenant sa route, Jésus éprouve en lui-même que ce don absolu de soi est déjà tout entier dès le commencement. En choisissant de ne vivre que pour donner sa vie, il provoque l’incompréhension, y compris des gens de sa famille. Aussi, avertit-il ceux qui veulent le suivre : il n’y a pas d’autre chemin que le renoncement à soi-même si on veut entrer dans la Vie et ce renoncement, est le moyen où déjà se vit la fin. Pour entrer dans cette démarche de disciple, mieux vaut réfléchir avant de s’embarquer, sinon, on aura tout perdu et pour rien. C’est le sens des deux paraboles de la tour à construire ou de la bataille à livrer : est-on capable d’aller jusqu’au bout ? oui, si on renonce à tout ce qui attache le cœur à ce qui, au fond, produisait la mort et jamais la vie.
3- Qu’est-ce que ça veut dire pour nous aujourd’hui ?
Tout d’abord, la proposition que Jésus faisait à ceux qui voulaient le suivre en son temps, il la fait tout autant aujourd’hui, mais seulement à ceux qui ont déjà perçu quelque chose de lui, qui le connaissent un peu. On ne peut pas se mettre à suivre le Christ, si on ne le connaît pas, si on ne l’aime pas. Cela est donné peu à peu dans une relation qui s’approfondit.
Ensuite, la relation au Christ est passée au crible. Le chemin peut être ardu, avec des épreuves. La plus grande épreuve sera la fidélité à l’appel reçu. On n’a pas à chercher des croix imaginaires. La vie se charge de nous en donner et chacun aura la sienne, souvent inattendue. C’est en la portant avec amour comme le Christ, qu’on trouve le bonheur profond.
Enfin, nul besoin d’être croyant affiché pour entrer dans cette destinée. On peut être fidèle à la vie telle qu’elle nous est donnée de la vivre. Essayer de la conduire jusqu’au bout. En renonçant à ce qui ne fait que renforcer l’ego et en ouvrant en permanence son cœur à plus que soi. Ainsi, sans le savoir, on devient disciple du Christ par le chemin de fidélité à la vie.
Prions pour ceux qui cherchent leur chemin. Et pour ceux qui l’ont trouvé, qu’ils y restent fidèles. Prions pour tous les disciples du Christ y compris nous-mêmes : ne pas rester au milieu du chemin mais avancer, avec la confiance que le Seigneur est toujours avec nous.
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