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dimanche, 05 août 2007
Fausses sécurités, vraies richesses
18edim C – 5 août 07 – « Fausses sécurités, vraies richesses » cf. Qo 1 ; Col 3,1-11 ; Lc 12,13-21
1- Une personne rencontrée récemment m’a inspiré : elle est locataire de son appartement, vit sans grande richesse mais partage tout et surtout ne s’en vante pas : personne n’est au courant de tout le bien qu’elle fait dans la discrétion. Une autre personne également, qui, elle, a des biens, s’est rendue compte que tout ça ne lui procurait pas de bonheur : elle n’a pas d’enfants et elle s’est mise à se libérer de ses richesses en en faisant des dons aux bonnes œuvres. Une autre, au contraire, tenaillée par la peur de manquer, n’a qu’un souci : comment conserver ses biens, aidée par les conseils du banquier. Elle se dit chaque jour : comment vais-je faire ? sans se rendre compte que ses peurs lui pourrissent la vie. Tout autour de nous et nous mêmes également, nous sommes remis à cette question : quelles sont mes sécurités, vraies ou fausses ? quelles sont mes richesses, vraies ou fausses ? Les textes de la liturgie de ce jour nous invitent ainsi à la réflexion.
2- Dans la Bible, le petit livre de l’Ecclésiaste (ou Livre de Qohélet) qu’on attribue à un sage de la cour de Salomon, insiste sur les formes de vanités, étymologiquement « buée », dont on doit se méfier. En fait, tout ce qui ne dure pas ; tout ce qu’on n’emporte pas avec soi ; y compris les œuvres personnelles ; et quand viendra le moment du bilan d’une vie, il ne restera que les « réalités d’en-haut » selon l’expression de St Paul, qu’on aura recherchées et vécues qui tiendront devant le Créateur de toutes choses.
Jésus dans l’évangile, ne dit pas autre chose. Ce n’est pas son rôle de donner des conseils d’équité pour la répartition des biens matériels. Mais, il met en garde ses auditeurs et il peut le faire par expérience : lui, qui est la richesse même (Dieu), s’est dépouillé de tout, prenant même la condition d’homme inférieur. Dans cet apparent dénuement matériel, il montre le chemin du vrai bonheur qui est de se libérer de « l’âpreté au gain ». L’âpreté au gain dont nous avons à nous garder peut bien sûr se justifier au départ par un état de pénurie, mais elle change rapidement de nature. Bientôt survient la hantise d’accumuler « au cas où », puis la peur de ne pas être reconnu ou estimé à sa juste valeur. Subrepticement on en est venu à la confusion entre l’être et l’avoir. La peur de ne pas être assez, conduit à la hantise d’avoir beaucoup. L’homme riche de la parabole se trouve pris dans ce piège. En fin de compte, on peut se demander si la folie de thésauriser n’est pas une conduite destinée à nous faire oublier la mort inévitable et, souvent, imprévisible. Comment nous rassurer ? Nous voici en train de chercher des preuves de notre propre valeur. Et faire comme le riche, accumuler des biens. Qui ne sont que des biens périssables. En réalité, cet homme, devant sa vie et sa mort, a les mains vides. Il en serait tout autrement s’il avait choisi d’être « riche en vue de Dieu ».
3- Cela veut-il nous dire quelque chose pour notre ‘aujourd’hui’ ?
Tout d’abord, prendre conscience que le monde matérialiste que nous avons enfanté ou que nous subissons marque nos esprits et nos comportements d’une manière insidieuse, jusqu’à nous convaincre que la primauté de l’avoir et l’accumulation des objets derniers-cris font la valeur de l’homme. Au contraire, celui qui n’aurait pas ce que la publicité met en avant sera le dernier des hommes ! tout ceci est fausseté, bien sûr !
Ensuite, s’affranchir de ces conditionnements suppose de prendre de la distance par rapport aux biens matériels, tout en faisant le choix de valeurs nouvelles dans sa vie. Agir avec toutes ses facultés intellectuelles, morales, spirituelles, pour mettre en premier les valeurs de don de soi, de générosité, de partage. Et s’y tenir !
Enfin, trouver le bonheur dans le quotidien transcendé. Se trouver libre chaque jour, libéré des servitudes de la jouissance des biens, libéré de la compétition d’avoir plus et mieux que son voisin, libéré des fausses sécurités qui rendaient prisonniers. La prière y aide.
Prions pour que nous entrions un peu plus dans une compréhension plus juste de ce que le Seigneur nous demande, en ne comptant que sur Lui pour remplir notre vie de biens qui durent par-delà la mort et qui sont l’amour, la tendresse, la justice, et la vie donnée.
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