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dimanche, 29 juillet 2007

La prière, une école de vie

17eC –29 juillet 2007– « La prière, une école de vie »  cf. Gn 18, 20-32 ; Col 2, 12-14 ; Lc 11, 1-13

1-        Une personne m’a appelé à son chevet. Elle demande si je peux faire une prière pour la guérir. Et elle ajoute : « je fais des prières, mais je ne suis pas sûre de les faire bien ; il me manque des paroles … ». En faisant le récit de sa vie de famille marquée par bien des épreuves, elle demande : « qu’est-ce que nous avons fait pour mériter tout cela ? ». A l’écouter, je saisis que sa relation à la divinité passe par des mots, des cris, des espoirs, des demandes. Mais que tout cela ne suffit pas pour être rassuré pour toujours dans sa relation à Dieu. Comme si un doute subsistait. Mais elle dit aussi : « la prière nous réconforte ». Sachant l’effort que cela lui demande, elle désire aller à Sainte Anne y faire brûler un cierge. Simplement, cette personne porte en elle le désir de la prière. Comprend-t-elle que la prière est aussi une école de vie ?

 

2-        La Bible nous parle beaucoup de la prière. Qu’est-ce que la prière ? nous voyons à l’ œuvre de nombreux personnages, par exemple Abraham, Moïse, les prophètes, le Roi David , bref, tous ceux dont nous parle ce livre merveilleux qui sont entrés en relation avec Dieu. Au cours des circonstances les plus diverses, ils communiquent avec ce Dieu de l’Alliance qui a choisi d’entrer en relation avec les hommes ; une relation d’amour qui s’établit peu à peu, à mesure où les fausses images qu’on a de Dieu, s’estompent. Ce n’est pas spontanément que les hommes accèdent à une juste relation avec Dieu. Il leur faut d’abord se débarrasser des images de crainte d’un dieu justicier, des images d’un dieu si éloigné des humains qu’il les  ignore, des images d’un dieu vengeur qui punit. Ces fausses images empêchent les hommes de connaître la joie de la prière et la paix qu’elle donne. Seuls ceux qui ont été touchés par l’image d’un dieu amoureux peuvent entrer dans une vraie prière. Les Apôtres ont vu Jésus prier et quelle relation d’amour donnait confiance et permettait d’être au diapason de Dieu.

            Il leur dit : quand, vous priez, dites Père. Un père, un vrai père, aime ses enfants par dessus tout. Il est prêt à se sacrifier pour ses enfants. Aussi, c’est avec intime confiance qu’on peut s’adresser à lui. Et Lui, s’occupe de nous au-delà de ce que nous pouvons espérer. Bien sûr, on n’obtient pas les choses exactement comme on les voudrait. Comment répond-il ? Non pas en résolvant nos problèmes ou en transformant les situations difficiles à coup de miracles, mais en nous rendant capables de les vivre dans la foi. Relisons la fin de notre évangile : à nos demandes de pain, d’œuf, de poisson, termes évidemment symboliques de tous nos besoins, Dieu répond en donnant l’Esprit, c’est-à-dire en se donnant lui-même. En fonction, il est vrai, des besoins que nous avons exprimés, nous rendant aptes à les assumer dans la foi et à les faire concourir à l’amour qui est en nous la présence divine. Jésus lui-même n’a pas obtenu que la coupe de sa Passion s’éloigne, mais il a reçu bien davantage , la résurrection dont nous bénéficions désormais nous tous dès notre baptême en devenant fils de Dieu et frères de Jésus.

 

3-        Qu’est-ce que cela signifie pour nous aujourd’hui ?

Tout d’abord, apprendre la confiance. Sans la confiance accueillie dans son cœur, rien n’est possible. La confiance permet de voir la vie avec plus de lumière, malgré les obstacles quotidiens. La confiance ne se décrète pas. Le simple mot de Père prononcé et répété intimement dans son cœur prépare le cœur à accueillir cette confiance. C’est très important.

Ensuite, apprendre le dialogue. Le dialogue d’amour est une contemplation de l’autre en aimant l’autre non pour ce qu’il fait mais pour ce qu’il est. Cette espèce de sortie de soi permet de relativiser beaucoup de ses problèmes, de les disposer autrement et finalement de les accepter et de faire avec. On s’approche ainsi un peu plus de la vérité.

Enfin, apprendre à remercier. Chacun, quel qu’il soit, a la capacité de remercier chaque jour, ne serait-ce que pour la vie. Chaque matin, de se réveiller en vie et chaque soir, d’avoir vécu une journée de plus. Alors, nous sommes sûrs que nos demandes sont exaucées par cette Vie.

Prions, comme des fils bien-aimés du Père, une prière d’amour, qui renforce et stimule. Prions aussi pour demander comment prier et comment agir pour être exaucés au-delà de tout.

Semaine du 23 au 29 juillet 2007

Chers amis
 
Alors que le soleil était revenu en Limousin avec ses chauds rayons, nous avons vécu le pélerinage annuel à Ste Anne, patronne de la Paroisse, avec processions partant d'Eymoutiers et Chateauneuf la Foret , puis veillée de prière et d'adoration ; le jour de la fête, messe du pélerinage accompagné de pot de l'amitié et de musique limousine. Les gens ont participé en assez grand nombre.
 
En cette période d'été, les messes dans les villages attirent du monde. Nous avons aussi vécu des soiréesd 'évaluation (préparation de mariages) et de prière (Augne). Egalement des rencontres. Préparation du journal "Montagne Limousine" et un groupe de lecture d'évangile à Auphelle.
 
Dominique Sawadogo et Martin Antcha ont également célébré des obsèques ; ce qui les a mis dans le climat très particulier du traitement de la mort si différent d'un continent à l'autre.
 
Avec toute mon amitié
 
Jean-Michel Bortheirie

mercredi, 25 juillet 2007

Vies de femmes (3)

J'ai eu beaucoup de mal à joindre leur maison dans une forêt au bout et en contre-bas d'une petite route, au fin fond d'un village de S. Elles sont deux soeurs âgées, avec leur chien, habitant une maison toute noircie par les fumées de l'âtre. Elles veulent savoir ce qu'elles ont fait de mal pour mériter un tel sort.
Leurs parents étaient des métayers qui travaillaient des fermes, à mesure de ce qu'il leur était possible, gagnant peu. La plus jeune des deux a eu la méningite à l'âge de deux ans et il en reste des séquelles. L'autre s'est mariée. Son premier fils très intelligent à l'école, a attrapé lui aussi une méningite sur une rougeole à l'âge de 5 ans et demie. Il est décédé à l'âge de 46 ans. Son autre fille, vient d'attraper la méningite et est hospitalisée à Limoges. Elle a 49 ans.
Sa petite fille qui vient de se marier est diabétique; il ne lui faut pas de stress.

Pourtant, disent-elles, elles n'ont rien fait de mal. Nous causons; je les écoute surtout. Elles me disent que si je les guérissais, elles m'en sauront gré. En partant, elles insistent pour que j'emporte une bouteille de liqueur de cassis.

dimanche, 22 juillet 2007

Pas d’action sans contemplation

16edim C–22 juil 07–«Pas d’action sans contemplation» cf. Gn 18,1-10; Col 1,24-28; Lc 10,38-42

1-        Une des grandes saintes connues par nos contemporains et que j’aime, est la Bienheureuse Mère Teresa. Dans les années 70, alors que, suite à une guerre au Bengale, des centaines de milliers, voire des millions de réfugiés affluaient vers l’Inde, les autorités de Calcutta débordées, demandèrent secours aux Missionnaires de la Charité, et Mère Teresa accepta. A la condition, que chaque soir, les Sœurs rejoignent leur lieu communautaire pour leurs prières. « Mais, ma mère, leur dirent-ils, il leur sera très difficile de faire des longs trajets chaque soir après une journée de travail harassant ! » La Mère leur répondit « mais comment voulez vous qu’elles tiennent leur journée à secourir de toutes leurs forces les réfugiés ? c’est uniquement par la prière ! » C’est ce qu’elles firent et après de longs mois de ce régime, elles obtinrent un immense résultat, se dépensant sans compter mais tout en se nourrissant de prière. Pas d’action sans contemplation ! c’est le message des textes d’aujourd’hui.

 

2-        Le livre de la Genèse, qui ouvre la Bible, rapporte les extraordinaires dialogues de Dieu avec les Patriarches et en premier lieu, avec Abraham. Symbole du fastueux accueil bédouin qu’on connaît encore aujourd’hui dans les déserts, le texte nous met en scène trois personnages qu’Abraham reçoit sous sa tente (on peut penser à l’icône de Roublev sur la Trinité inspiré de cette scène) : c’est comme une contemplation active où l’accueil attentionné permet la rencontre, l’écoute d’une nouvelle et l’ouverture à un avenir. Parce qu’Abraham n’est pas passé à côté de cette rencontre, il a pu entendre l’essentiel : la promesse d’un fils se réalisera avant l’année prochaine. Ainsi passe-t-il de l’accueil des personnes à l’accueil d’une parole et à l’accueil de la vie !

            En serait-il autrement pour cet accueil de Jésus dans la maison de Marthe et Marie ? Il n’est pas juste d’opposer les attitudes de Marthe (l’active) à celles de Marie (la contemplative). Mais avec Jésus, qui estime fort bien l’attitude de service de Marthe puisque lui-même s’est fait serviteur, on comprend que l’essentiel n’est pas dans la préoccupation pour les choses matérielles mais dans l’accueil d’une parole qui fait vivre et qui, du coup, aide à mieux comprendre, entreprendre, créer, supporter la vie. Ainsi, la ‘meilleure part’ choisie par Marie, n’exclut pas l’action, au contraire, la sous-tend et la mène à son terme. Que serait une contemplation qui ne conduirait pas à l’action ? en revanche, que serait une action qui ne serait pas sous-tendue par la contemplation ? un cuivre qui résonne, l’affaiblissement des ressources humaines, des fatigues et finalement, perte. Au contraire, la ressource contemplative permet d’entreprendre des œuvres apparemment au-dessus des forces humaines, car portées par un souffle spirituel qui est capable de renverser les montagnes.

 

3-        Comment cela prend-t-il sens pour nous aujourd’hui ?

Tout d’abord, entendons-nous un appel à plus d’intériorité, à plus de capacité pour écouter, à plus d’attention à l’autre, qui nous mette au diapason de l’Autre ? j’entend très souvent les personnes me dire qu’elles ne sont pas écoutées, pas accueillies, finalement pas entendues. Nous avons un rôle pour prendre du recul par rapport aux choses et nous mettre à l’écoute.

Ensuite, l’action est permanente. Du matin au soir, nous sommes en activité, même si l’âge est avancé. Est-ce que nous offrons notre travail, notre journée, nos activités ou bien sommes-nous comme ces bêtes qui s’échinent et s’abrutissent ? ce n’est pas compliqué à faire autrement : simplement, être attentif à ce qu’on fait.

Enfin, nous avons aussi à aider d’autres à prendre conscience de tout cela. Le message de l’évangile est simple à partager. S’il aidait le monde à entrer dans cette nouvelle disposition du cœur qui est d’avoir un regard contemplatif sur la vie, nous lui aurons apporté notre pierre.

Prions encore pour tous ceux qui cherchent du sens à leur vie, pour ceux qui sont déboussolés par les exigences du monde du travail, par des rythmes parfois insoutenables qui les empêchent de se poser, de réfléchir, de prier. Portons les dans nos pensées : c’est ainsi, prier.

Semaine du 16 au 22 juillet 2007

Chers amis,

Cette semaine, nous avons commencé nos messes d'été dans les villages( Augne, Surdoux,St Martin Chateau, St Gilles les Forets, St Moreil, La Villedieu). A la sortie, un pot de l'amitié est organisé, le plus souvent par le maire ou dans les locaux de la mairie. entre 25 et 30 personnes s'y retrouvent à chaque fois. à Augne, on nous a dit que la dernière messe paroissiale datait de 40 ans au moins !

Nous avons aussi vécu des animations (lecture d'évangile autour de l'ile de Vassivière, Veillée de témoignages et de chants à Féniers).

L'accueil de Xavier Guiomar du CMR national qui traverse la France à vélo
une journée de fraternité spirituelle Charles de Foucauld en Creuse
une rencontre des prêtres du doyenné
les confrères d'Afrique (Martin Antcha et Dominique Sawadogo) s'adaptent bien.

bonnes vacances, si vous en prenez ...

avec toutes mes amitiés

Jean-Michel Bortheirie

dimanche, 15 juillet 2007

Va et toi aussi fais de même

15edim C –15 juillet 07–« Va et toi aussi fais de même »cf. Dt 30,10-14 ;Col 1,15-20 ; Lc 10,25-37 ===================================================================

1-        C’est une histoire que j’avais lue dans les journaux : en plein hiver, en traversant une rivière, quelqu’un a fait un faux pas et se trouve basculé dans l’eau. La personne ne sait pas nager et appelle au secours. Mais personne ne se jette à l’eau pour la sauver, par peur ou par incapacité. Seul, un étranger, n’écoutant que son courage, se défait de ses vêtements, plonge dans l’eau et ramène l’infortuné sur la rive. On apprendra plus tard qu’il est en situation irrégulière, expulsable. Son acte de bravoure sera finalement reconnu et au bout du temps, il sera régularisé. Ainsi, on est souvent, medias interposés, témoins d’actes généreux qui nous font penser au bon samaritain. Mais, sait-on ce qui anime profondément ces gens ? Il convient dès lors d’appréhender le sens des textes d’aujourd’hui.

 

2-        Le Livre du Deutéronome, placé dans le corpus biblique du Pentateuque, c’est à dire dans cette partie de la Bible qu’on appelle « la Loi », est une réécriture de l’essentiel du message que le Peuple de Dieu a reçu au cours de son histoire. Et cet essentiel, est la loi de l’amour‘aimer Dieu’ inscrite non pas sur des monuments, mais dans les cœurs, comme une parole vive qui ne laisse pas tranquille la conscience de l’homme. Elle est plus intérieure que toute autre parole, proposant que sa mise en pratique signe en fait sa véracité. Comment prouver aimer Dieu que je ne vois pas ? La Bible dit : ‘en aimant le prochain que je vois, je prouve que j’aime Dieu que je ne vois pas’. Mais si je prétendais aimer Dieu sans toutefois aimer mon prochain, je serais un menteur. 

            Cela, le spécialiste de la Loi qui est en face de Jésus, le sait bien. Mais il veut connaître davantage et comprendre mieux. « Qui est mon prochain ? » Or, répondre à cette question, Jésus le sait, peut satisfaire l’esprit mais ça peut aussi le maintenir dans une extériorité. C’est pourquoi, grâce à la parabole du ‘bon samaritain’, Jésus renverse la question : « De qui es-tu le prochain ? » Il provoque ainsi l’intérieur de l’homme, la réalité de son amour inscrit dans son cœur, de sorte que ses actes d’amour ne soient pas inscrits sous la forme d’un devoir à remplir («il faut que j’aime les autres ») mais qu’ils soient inspirés par un désir : se faire proche de tous et spécialement des plus faibles, par amour pour Dieu. Et même, je ne vais pas aimer les autres pour ce qu’ils sont, parce que je les connais ou parce qu’ils me connaissent. Mais simplement, parce qu’ils sont autres. Et que derrière leur visage, même déformé, c’est le visage de Dieu qui apparaît.

 

3-        Comment peut-on appliquer cela dans notre vie ?

Tout d’abord, l’amour du prochain ce n’est pas seulement ce qu’on appelle la générosité.  La générosité peut être sélective ou saisonnière! Aimer son prochain, c’est un appel que chacun reçoit dans son cœur et qui ne le laisse jamais tranquille : est-ce que j’ai envie d’être proche de celui qui est devant moi, quel qu’il soit, même s’il n’a pas le visage que j’attendais de lui ?

Ensuite, on peut être proche de quiconque, prendre des risques pour lui, même s’engager à le sauver, si on est porté par un idéal qui dépasse l’horizon ordinaire des relations. Ainsi, pour nous, cet idéal sera celui de voir en tout homme le visage de Dieu, et de servir tout homme comme s’il était vraiment image de Dieu. Cela veut simplement dire, que ce prochain que je vois, c’est Dieu qui s’est fait mon prochain !

Enfin, il y a beaucoup de cas où je fais comme le lévite ou le prêtre de la parabole : je me détourne du prochain qui a besoin de moi. Mais ma mémoire peut être touchée par tel témoignage, par telle vie de saint, par telle parole de Jésus qui me rappellent que je peux faire autrement. Je ne peux pas me décourager de mon égoïsme. Je peux changer et être porté par les frères et les sœurs qui m’entourent.

Prions car c’est la prière qui permet de tenir dans la vocation d’aimer Dieu et d’aimer son prochain. Il nous dit « Va !» Ainsi, en nous soutenant et en nous remettant au Dieu d’amour, avançons sur ce chemin qui parfois nous dépasse mais qui toujours nous procure du bonheur.

Semaine du 09 au 15 juillet 2007

chers amis
 
la semaine, première où nous avons vu arriver le soleil de l'été, s'est déroulée avec des allées et venues des uns et des autres. Avec Dominique et Martin venus du Tchad, nous avons accueilli Yves et Madeleine venant de Paris, André et Martial venant du Pays Basque, puis, ce weekend, Bebey et Claire avec leur petit Bastien venant de Paris. Ainsi, le presbytère d'Eymoutiers était bien animé.
Une journée de réflexion en Creuse (Roche Colombe) autour des questions de la ruralité et de l'agriculture
la rencontre avec Clément Mathieu, animateur d'une ONG qui forme des paysans au Tchad
on démarre les activités proposées dans le cadre de la pastorale d'été.
également, le stand de la paroisse au Vide Grenier d'Eymoutiers en prélude à la kermesse
 
merci à ceux qui envoient leurs nouvelles de vacances
 
avec toutes mes amitiés
 
Jean-Michel Bortheirie

dimanche, 08 juillet 2007

La joie de la Mission

14edim C –8 juillet 2007 –« La joie de la Mission » cf. Is 66, 10-14; Ga 6, 14-18; Lc 10, 1-12.17-20

1-        En ce début de saison estivale, malgré le temps capricieux pour certains, il y a la joie du voyage, des vacances, du déplacement, de la visite : toutes choses qui sentent bon la rupture avec le quotidien. Et même si on ne bougeait pas, on accueille les vacanciers, ceux qui passent un jour ou deux, qu’on voit dans les rues ou les villages. Joie des retrouvailles (pour la fête du baptême) joie des rencontres. Et si ces rencontres étaient le signe d’une rencontre plus exceptionnelle ? Et si ces visites étaient une visite profonde, qui bouleverse, qui fait entrevoir autre chose que le quotidien ? Nous pouvons le vérifier avec les textes d’aujourd’hui.

2-        L’évangile nous situe d’emblée dans un contexte des 72 personnes envoyées par Jésus (chiffre qui représente pour le judaïsme la totalité des nations païennes) : je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups (c a d, des gens pas forcément hostiles mais étrangers) ! l’expression de la simplicité, de la douceur, de la faiblesse. Un agneau n’a pas de prétention, ne va pas s’imposer. Mais parce qu’il est agneau il pourra sans effort démontrer que la force n’a pas de poids. Parce que sa force à lui est d’être porté par la force de Jésus. Pas besoin de s’encombrer d’aucune autre sécurité matérielle ou financière. La présence de Jésus suffit. Entrer dans les maisons, chez les personnes en difficulté de maladie, le deuil, le désarroi, les peines les plus diverses, et annoncer d’abord la paix, c’est à dire, la consolation. Ce n’est pas dans les lieux convenus, officiels, publics, y compris les lieux de culte, que les choses vont se passer, c’est là où vivent les gens. La nouvelle de Jésus va atteindre les personnes chez elles, là où elles vivent, dans leur environnement familier. C’est là que les mots échangés prendront sens, que des confidences seront partagées, qu’un sens pourra être trouvé pour continuer la route. Trop de gens souffrent de ne pas être écoutés. Trop de gens se plaignent de manquer de relations gratuites. Trop de gens peinent à trouver confiance autour d’eux. Seuls des agneaux leur portant la paix sauront les revigorer.

Mais si les envoyés ne sont pas accueillis quelque part, qu’ils secouent en partant leurs sandales de toutes les poussières d’amertume collées aux pieds et continuent dans la joie !

            Car cet envoi en Mission est conditionné par un essentiel : la prière au Père. Le Père céleste, maître de la moisson, est seul capable de déterminer l’heure de cette Mission. Il sait quand les hommes seront mûrs pour entendre le message de paix. Et cette heure, c’est maintenant ! quand on est uni à Lui par la prière. Tout devient alors possible. Et tout devient aisé. Le Prophète Isaïe l’avait déjà annoncé : le Seigneur lui-même porte la Paix à chacun et la joie à ceux qui peinent dans tant de difficultés en leur apportant la consolation et le bonheur.

 

3-        Est-ce que tout cela est encore valable pour nous aujourd’hui ?

Tout d’abord, Jésus continue, aujourd’hui encore, à envoyer des ouvriers à sa moisson. Nous en connaissons, nous en sommes peut-être. La Mission nous revient, dès lors que nous avons été baptisés et que nous avons été confirmés ! et c’est une joie de partager ce bonheur.

Ensuite, il nous revient de trouver la manière qui convienne pour vivre cette Mission dans la joie, c’est à dire dans la plus grande simplicité. Charles de Foucauld parle de l’apostolat de la bonté. On peut, très simplement, porter la nouvelle de paix par l’accueil et la bonté envers ceux qui nous entourent. Il y a des tas de maisons autour de nous qui attendent cette nouvelle !

Enfin, rien n’est possible sans la prière. C’est la prière au Père qui est première. Si nous ne pouvons nous rendre dans les maisons, et je m’adresse à chacun ici, notre Mission sera de prier. Prier pour les missionnaires, prier pour ceux qui accueillent la nouvelle, prier aussi pour ceux qui ne l’accueillent pas. Ainsi, entrons-nous dans la joie de ceux qui voient leurs noms inscrits par Dieu dans les cieux.

Prions donc, c’est à dire, contemplons l’œuvre du Seigneur dans le monde. Disons-lui merci, et disons-lui, s’il te plait, envoie encore des missionnaires de la bonté, de l’amour, de la paix. Et si c’était moi, envoie-moi, Seigneur. Je veux partager la joie de te porter autour de moi.

Simplement, car tu es l’amour.

Semaine du 02 au 08 juillet 2007

chers amis,
 
La semaine écoulée fut en retraite avec des frères de la Fraternité sacerdotale Jesus Caritas  au Foyer Jean XXIII près de saint Léonard de Noblat. S'étaient joints à nous Dominique Sawadogo et Martin Antcha arrivés du Tchad pour me donner un coup de main pour ces deux mois d'été. J'ai pu animer cette retraite avec comme thème : "l'évangile revient vers l'Eglise et la transforme, notamment avec la figure de Ch de Foucauld".
ce weekend, mariages, baptêmes et célébrations.
l'été est là mais côté températures, ce n'est pas encore ça.
 
avec toute mon amitié
 
Jean-Michel Bortheirie

mercredi, 04 juillet 2007

Vies de femmes (2)

Je suis allé voir Anna au funérarium où elle repose. 98 ans : son visage sans ride d'une étonnante beauté me surprend. Anna était modiste dans son bourg natal. Puis elle était montée à Paris où elle fit une carrière de vendeuse au Printemps. C'est à l'âge de 75 ans qu'elle épousa un parisien (sa famille me dit que c'était un juif) et vécurent ensemble pendant 20 ans, jusqu'à la mort de ce dernier. Pas d'enfant, bien sûr. C'est sa nièce, directrice d'une maison de retraite, qui la recueille et s'en occupe jusqu'à la fin. Tout dernièrement Anna a exprimé le désir d'une cérémonie à l'église de son village natal, au grand étonnement de ses soeurs, car non croyante. Nous avons choisi un texte qui pouvait lui convenir et qui a plu à sa famille.
En sortant de la cérémonie, un monsieur me tire par le bras; il est instituteur à la retraite et a été frappé de ma conférence au Cercle Condorcet sur la Laïcité. Il me confie qu'après 42 ans de mariage, son épouse l'a mis dehors et le menace de l'enfermer à l'asile. Il s'est réfugié chez sa mère.

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