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dimanche, 24 juin 2007

Nativité de Jean Baptiste

24 juin 07 – Nativité de Jean Baptiste – Appelé par son nom pour la Mission cf.Is 49;Ac 13;Lc 57-66.80

1-        L’été arrivant d’après le calendrier avec sa fête de la musique ou les antiques « feux de la St Jean » rappellent aux mémoires engourdies leur concomitance avec la célébration de la naissance du Baptiste. Nuit la plus courte et jour le plus long de l’année qui déclinera peu à peu jusqu’au solstice d’hiver. On a bien mis en rapport les rythmes saisonniers avec la liturgie et ses grands temps théologiques. Aujourd’hui, il en reste quelques traces festives ; mais détachées de leur signification séculaire que portait la culture chrétienne, nous sommes peut-être davantage conduits à chercher à en comprendre le sens et entendre à nouveau les Textes pour ce qu’ils nous disent.

 

2-        Jean Baptiste était un personnage étrange qui vivait comme un marginal dans les déserts. Mais venaient à lui les foules en quête de sens pour leur vie. Il leur proposait ni plus ni moins un radical changement de vie et le signe de cette volonté de changement, c’était un renouvellement total symbolisé par le bain dans le Jourdain, le baptême. D’où venait cet homme avec une telle fougue mais en même temps si humble ?

Luc nous rapporte les circonstances peu ordinaires de sa naissance, de son avènement dans l’univers familial et social, de sa destinée aussi. Parents âgés, mère stérile, mais qui ont accepté de se mettre au diapason de la volonté de Dieu, sans tenir compte du « qu’en dira-t-on ». Quand vient le moment de lui donner le nom : ils disent Dieu fait grâce (c à d Jean). Et du cœur du père, Zacharie, monte d’abord une grande action de grâces. Béni soit le Seigneur qui vient visiter son peuple ! Celui que les préoccupations humaines avaient peut-être éloigné dans les cieux, vient rejoindre chacun dans sa quête de sens. Il a pris l’initiative d’ouvrir un avenir à toute l’humanité. On reprendra les choses à nouveau. Même ceux qui étaient les plus perdus sont rejoints. Et chacun trouvera sa place irremplaçable dans le dessein de Dieu.

Jean est celui qui portera ce message au prix de sa vie. Il n’existe pas pour lui-même. Son nom le rapporte sans cesse à l’Autre. Et à travers cet Autre, auteur de tout le créé, sa vie  existe pour tous les hommes, s’engageant en leur faveur, pour qu’ils découvrent la vérité sur Dieu. En cela il rejoint la tradition des prophètes de l’Ancien Testament. Comme Isaïe, présentant la personne du Serviteur. Appelé dès le sein de sa mère, ce Serviteur va consacrer toute sa vie à l’unité du peuple et de tous les peuples entre eux et avec Dieu, se faisant le porte parole de la grâce de Dieu. Malgré les épreuves et les obstacles rencontrés, la Nouvelle de la grâce doit rejoindre les hommes même ceux du bout du monde pour se rendre effective dans le cœur de tous. Touchant les cœurs, la Nouvelle va les transformer, créant les conditions pour pouvoir accueillir en vrai le Seigneur lui-même.

 

3-        Cela a t-il une signification pour nous aujourd’hui ?

En premier, chacun de nous, même s’il n’est pas un Jean Baptiste, a reçu son nom dans le tréfonds de son cœur, un nom que le Seigneur porte dans son avenir. C’est un nom que peut-être nous n’avons pas encore découvert mais qui se révèle peu à peu dans la vocation de notre être. Jour après jour, si on est attentif, on découvre ce pour quoi on est fait, qui est de partager des bienfaits avec les autres. Avons-nous conscience de ce trésor que nous portons chacun ?

Ensuite, cette croissance vers le bien à partager va rencontrer des obstacles sérieux en nous et autour de nous. Mais surtout en nous. Comme des peurs, des manques de confiance, ou au contraire des fausses assurances. Il peut y avoir aussi des découragements, l’impression de travailler pour rien. La Bible (et l’expérience d’Isaïe ou de Jean-Baptiste) peut nous aider.

Enfin, il s’agit de comprendre qu’on n’est pas seul, qu’on ne peut pas être seul : des frères et des sœurs autour de nous agissent dans le même sens. Il s’agit d’être de ceux qui vont favoriser le Corps, lequel deviendra peu à peu avec tous, le Corps du Christ.

Prions pour tous ceux qui ne savent pas l’immense dessein du Seigneur pour eux. Pour ceux qui se découragent. Mais aussi pour que nous prenions conscience de la Mission déjà reçue.

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