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mardi, 01 mai 2007

Vies d'hommes (3)

À G., une ancienne ferme où habite Pierre. Je le trouve assis dans la cuisine, sur un fauteuil. Il parait handicapé, ne pouvant beaucoup bouger. Il approche des 80 ans, a perdu sa femme. Sa fille qui a repris l'exploitation familiale vien le voir tous les jours. Son autre fille retape une maison à proximité pour y habiter. Elle dit à son père : "Tu surveilleras le départ et l'arrivée du car scolaire pour Clarinette, ta petite fille ". Celle-ci a 8 ans et se rend à l'école à Neuvic Entier.
Il sourit, il n'arrête pas de sourire. Malgré son âge et son handicap, une sérénité se dégage de son visage. Il me parle de sa cousine religieuse qui maintenant est à la retraite. Sa fille, par contre, n'a pas voulu donner d'éducation religieuse à son enfant.

dimanche, 29 avril 2007

Écoute une voix dans ton cœur

4edim de Pâques – cf.Ap 7,9.14-17; Jn 10, 27-30

1-        Dans une maison de village, c’est Pierre, 11 ans, qui m’accueille. Il veut être agriculteur, me dit-il en me faisant visiter sa « ferme » sur le grand bac à sable. C’est depuis tout petit qu’il a cette idée me dit sa mère. Pourtant, le papa est plâtrier et la maman vendeuse : rien à voir avec ce qu’il porte dans son cœur. Quelques maisons plus loin, c’est Arnaud, 10 ans qui veut être boulanger-pâtissier. Ses parents non plus ne sont pas du métier. Ailleurs, pourtant, il y a d’autres enfants qui n’ont pas idée de ce qu’ils veulent faire plus tard. Des jeunes qui s’ennuient à l’école ; des adultes qui attendent la retraite pour ne plus travailler ; et puis d’autres qui trouvent la joie du service et qui se donnent sans compter parce qu’ils ont trouvé leur voie. Ont-ils entendu une voix leur parler dans leur cœur ? Les petits Pierre et Arnaud rencontrés ces jours sont heureux de leur année de caté. Ils entendent aussi une voix au fond d’eux-mêmes. En ce dimanche des vocations, dimanche des baptêmes, le Berger nous parle aussi. Comment écouter sa voix ?


2-        Situé dans un discours hivernal au cours de la fête de la Lumière au Temple de Jérusalem, c’est tout le chapitre 10 de l’évangile de St Jean qui nous présente la figure du Berger. Ce Berger qui donne sa vie pour ses brebis. Le Berger, c’est le Christ. Les ‘brebis’ … plusieurs cas possibles. Si le sens nous faisait penser qu’il s’agit de la ‘totalité de l’humanité’ : Tout homme est capable d’entendre la voix du Berger, même sans jamais le connaître. Par contre, le Christ, lui, connaît chacune de ses brebis. Il est capable d’indiquer personnellement à chacune le chemin qui fait vivre. Si quelques uns ne suivent pas dans cette voie c’est qu’ils écouteront une autre voix dans leur cœur, la voix du mercenaire, du diviseur ou celle de leur propre ‘moi’. Ne convient-il pas de mettre son cœur à l’écoute d’un appel : un chemin de bonheur que la vie propose à chacun en lui proposant d’exprimer son désir profond.

            Si le sens de ‘brebis’ indiquait ‘quelques uns’, ‘petit troupeau’, alors, le Christ s’adresse aux disciples qui se mettent sur un chemin de transformation d’eux-mêmes et qui se mettent à sa suite. En quittant peut-être ce à quoi ils étaient le plus attachés et qui les gardait prisonniers ; en recevant au centuple la nourriture de vie que leur offre leur Berger. En se rattachant à la figure du Berger, les disciples sont plongés dans l’océan d’amour que leur offre le Père des Cieux. Ils reçoivent pour la vie, la marque de la connaissance de l’amour et l’expérience de cet amour infini. C’est au moment du baptême, plongée dans cet océan d’amour, qu’une voix se fait entendre : est ce que nous lui laisserons assez d’espace et d’attention pour qu’elle développe toute sa puissance de bonheur chez l’enfant quand il grandit ou chez l’adulte quand, après une secousse de sa vie, il est prêt à autre chose ?

            De même que le Père et le Fils sont Un, profondément unis, de telle sorte qu’il n’y a plus de distance entre l’Homme et Dieu, le Berger et les brebis sont profondément unis. Et le Berger, le Christ, appelle dans leur cœur, parmi ce ‘petit troupeau’, des ‘petits bergers’ transformés intérieurement, qui vont révéler cet amour infini du Berger pour l’humanité, qui vont rendre vivants ceux qui se découragent ou qui cherchent sans jamais trouver. Ces ‘petits bergers’ peuvent être des enfants qui seront au milieu des enfants. Ils peuvent être des jeunes qui seront au milieu des jeunes. Ils peuvent être des adultes qui n’auront pas peur de se mettre à la suite du Christ et qui seront comme lui, doux et humbles de cœur au milieu de leurs frères


3-        Prions comme nous le demande l’Eglise aujourd’hui, car la prière est ce qui unifie le plus les cœurs. Cela signifie que nous acceptons de nous mettre à écouter davantage la voix du Berger dans notre cœur. Que nous essayons de favoriser l’écoute de cette voix chez ceux que nous rencontrons. Que nous souhaitons chacune et chacun, que des ‘petits bergers’ se lèvent parmi nous pour représenter le Bon Berger. Et que nous fassions tout pour que ces nouveaux baptisés avancent en grandissant sur le chemin de vie en suivant le Bon Berger. Et que c’est l’affaire, non seulement des parents, non seulement des parrains et marraines, mais l’affaire de toute la communauté chrétienne. Oui, c’est cela notre engagement d’aujourd’hui.

Semaine du 23 au 29 avril 2007

Chers amis,
 
La semaine écoulée a été d'abord marquée par un voyage au Pays Basque alors que Michel et Marie Thérèse sont allés prospecter de leur côté dans le Gers et le Béarn pour préparer notre prochaine étape sur la route de Compostelle.
 
Les autres jours, rattrapage avec la composition mensuelle du journal " Montagne Limousine", préparation de la journée de l'Alliance, visites dans une douzaine de maisons de Roziers Saint Georges, cérémonies diverses : obsèques, mariage, baptêmes, groupe de lecture d'Evangile à Auphelle, diverses rencontres et partages surtout à Eymoutiers.
 
Nous sommes encore à nous réjouir de la réussite de notre journée "intergénérations" à La Croisille sur Briance "aimer et partager" qui a regroupé entre autres beaucoup de jeunes familles qui n'ont pas l'habitude de se retrouver dans une telle atmosphère conviviale.
 
Avec mes amitiés à chacun.
 
Jean-Michel Bortheirie

mercredi, 25 avril 2007

Vies d'hommes (2)

À T., Patrick, 56 ans, travaille d'arrache pied à refaire les carrelages et les cloisons de la maison de son amie Jackie. Il vient de prendre sa retraite de la SNCF. Le travail  et les relations au travail s'étant considérablement détériorés, il avait demandé à la direction d'être affecté sur les voies en construction des TGV. Ainsi, il partait pour la semaine, sur les chantiers de l'Ouest, du Sud ou de l'est. Ce qui lui permettait de travailler en équipes solidaires sans compter une paye doublée grâce aux primes. A présent, il ne regrette pas d'avoir quitté la boite et de vivre plus à son rythme. En fait, il n'arrête pas mais avec ses copains, ils se retrouvent régulièrement pour des temps d'amitié et de fêtes : l'importance des relations humaines. Nous partageons une bière ; Jackie ne prend rien mais dit son bonheur d'être avec Patrick.

dimanche, 22 avril 2007

Aimer et partager

3e dim de Pâques– cf. Jn 21,1-19


1-        Au cours de cette journée paroissiale, c’est très simplement que nous avons écouté différentes personnes toutes simples s’exprimer sur leur vie : témoins de la réponse faite à un appel qu’elles ont reçu au détour d’une rencontre, d’un événement, d’une histoire toujours très personnelle. Les jeunes qui se préparent à la Profession de foi ont également approché des figures de témoins dans l’histoire que l’Eglise nomme nos frères et sœurs les Saints. Qu’est ce qui fait qu’on répond à un appel ? qu’est-ce qui fait qu’on ne réponde pas ?  parce qu’on a des oreilles qui écoutent ? parce qu’on a des yeux qui voient ? Plutôt parce que quelqu’un nous a parlé au cœur : à travers l’événement, il nous a demandé, à sa manière : « M’aimes-tu ? »

Aujourd’hui, comme hier, au bord du lac de Galilée, le Seigneur vient vers nous avec la même parole d’amour. Mais regardons comment cela s’était vécu à ce moment là.


2-        C’est d’abord comme un lendemain, comme après un moment où tout a pu basculer. En ces jours, après les événements de Jérusalem, après la mort de Jésus, quelques uns ont fait l’expérience qu’Il est vivant ! mais c’est trop brut, trop difficile à croire ; mais il leur a fait savoir qu’ « il les précède en Galilée ». Le pays de Galilée est là où tout avait commencé, quand Jésus, au bord du lac, avait appelé ses premiers compagnons « venez derrière moi » leur avait-il dit « je ferai de vous des pêcheurs d’hommes » et tout avait bien démarré : le Royaume de Dieu en actes. Retour à la case départ ? plutôt un nouveau commencement : la vie est passée par là. Tout ne s’est pas produit comme on l’avait espéré. L’échec a été assumé. Mais il faut reprendre, en connaissance de causes. Simon-Pierre, le premier des compagnons, celui qui était le premier à le reconnaître comme Messie, en qui Jésus d’une certaine manière était passé, l’avait renié trois fois au moment de la Passion. Mais c’est aussi celui qui sera restauré en arrivant au tombeau vide le matin de Pâques. Le rendez-vous de Galilée se présente là, très simplement, au cœur de la vie quotidienne. Ils vont à la pêche. Mais échec, ils ne trouvent rien. Problème économique : il n’y aura rien à manger. Pas de ressource, pas de revenu, pas de nourriture. Au lever du jour, comme en un jour nouveau, tout se joue. Les affres de la nuit ont été traversées avec leurs échecs et leurs désespoirs. Il est là sur le rivage. Il a l’initiative de la Parole et du Pain. Et le poisson, d’absent des filets, devient massif, remplissant tout. Et de ce tout soudain venu, ce sont les cœurs d’abord qui sont remplis. Il est là avec eux, auprès d’eux, en eux. Le Christ vivant. Il  nourrit ses amis de sa présence. Avec lui l’espoir renaît, l’amour est en actes. Et dans un cœur familier, par trois fois, il posera la question, l’unique nécessaire : M’aimes-tu ? La réponse sera une vraie réponse qui engage tout l’être, en connaissance de cause. Au oui répondu, vrai oui, et non mêlé, il confie la mission, une vraie mission, nourrir à son tour les agneaux, les brebis, c’est à dire la totalité de l’humanité et en premier lieu, les plus faibles et les plus petits d’entre nous.


3-        Aujourd’hui, la même expérience nous est proposée. L’expérience, d’abord, de ressentir un amour infini. Par delà les doutes, les peines, les abandons, le Christ nous donne à nouveau rendez-vous. Non pour nous donner des charges ou je ne sais quelle peine supplémentaire. Mais pour nous alléger de tout et nous donner l’unique nécessaire, un amour à partager. Il nous appelle aujourd’hui, quelque soit notre âge ou notre condition. Aimer et partager ! c’est à notre niveau. En famille, bien sûr. Sans nous laisser enfermés dans le matérialisme. L’amour ouvre notre cœur. Dans nos relations. Et chacun de nous a des relations au travail, dans le voisinage, des amitiés avec des gens éloignés. C’est très simplement là que nous avons rendez-vous pour aimer et partager. Nous sommes attendus. Bien sûr, parfois, ça nous paraît au-dessus de nos forces. Mais nous ne le faisons pas en notre nom, en fonction de nos capacités ou possibilités, ce qui est trop étroit. Nous faisons agir le Seigneur vivant à travers nous. C’est lui qui aime ! C’est lui qui partage ! Osons simplement ! tentons l’impossible. Car avec lui, tout est possible, mais à sa manière à Lui, qui est toujours, de se donner. Bon chemin à chacune et à chacun ! Oui, Bon chemin d’amour et de partage !

Semaine du 16 au 22 avril 2007

Chers amis,
 
Au cours de la semaine, toujours des rencontres, parfois à plusieurs familles réunies.
Rencontre de fraternité à Pompadour (19), groupe de lecture d'évangile à St martin chateau (23), retraite de profession de foi pendant 2 jours avec 17 jeunes et 4 animatrices à Jean XXIII près de St Léonard (87), spectacle sur St François à La Chatre (36) et ce dimanche , une journée "inter-générations" à la Croisille sur Briance de 10h à 16h avec un conteur (Henri), des ateliers, des témoins, et une célébration. Le Thème : Aimer et Partager.
 
Bonne semaine et toutes mes amitiés
 
Jean-Michel Bortheirie

mercredi, 18 avril 2007

Vies d'hommes (1)

Au village de M., Alain sort de son sommeil ; il est 14h30. Chaque nuit, il va au travail à Uzerche dans une plateforme de transports routiers. Il est responsable d' une équipe d'une soixantaine de personnes et travaille de minuit à 8h du matin. Ceci chaque jour. Il a du temps les après-midi pour bricoler dans sa maison, qu'il a complètement retapée en 5 ans. Agé de 35 ans, il a un garçon de 7 ans avec qui il fait du vélo, tandis que sa compagne travaille sur Limoges. Ils ne sont pas mariés ; ses parents ont refait leur vie chacun de leur côté, dans le midi pour l'un, dans le centre de la France pour l'autre. Sympa et accueillant, il m'offre un café et accepte d'évoquer sa vie.

dimanche, 15 avril 2007

La paix soit avec vous

2ième de Pâques – cf. Ac 5, 12-16 ;Ap 1,9..19 ; Jn 20,19-31


1-        J’hésitais à entrer dans une maison d’un village ; je frappe. Un grand monsieur m’ouvre la porte et avec un grand sourire me dit « chabatz d’entrat ». Mes craintes sont dissipées ; c’est très rare quand j’entends ainsi des mots de bienvenue dans les maisons et cela me remplit de joie. Le monsieur a connu de lourdes épreuves dans sa vie ; son entreprise détruite, son épouse lourdement handicapée mais soignée jusqu’au bout. Ainsi, un dialogue profond s’est engagé ; c’est une paix réelle qui prévaut, malgré les peines et incompréhensions éprouvées dans sa vie. Je saisis aussi que les peines les plus grandes, portées avec foi, c’est à dire avec énergie de vie, ne peuvent abattre les cœurs ; ce qui abat c’est l’incompréhension ressentie ou se trouver seul. En ce temps de Pâques, de Résurrection, la Parole ne vient-elle pas nous révéler le secret de la paix qui console et renforce.


2-        « La paix soit avec vous » est l’expression qui revient 3 fois dans le bref passage de notre évangile. Bien sûr, il s’agit d’une forme de salutation (comme salam ou shalom). Mais cette répétition veut nous enseigner autre chose. Nous sommes dans un contexte où le drame vient de se clore mais reste vif dans les consciences des disciples. Jésus, le compagnon bien-aimé, celui qui les avait choisis pour partager sa mission a été torturé et tué. Les événements datent de 3 jours seulement. Comme si la haine des adversaires avait été plus forte que sa vie d’amour. Comment Dieu, s’il existe, peut-il permettre une telle chose ? Pire encore, la haine qui a emporté Jésus ne va t-elle pas aussi les emporter ? Les disciples ont peur. Ils ne peuvent rien espérer de bon. Ils se sont cadenassés à l’intérieur. C’est même leur intérieur qui est comme cadenassé. Dans ce contexte, c’est Jésus qui prend l’initiative, comme seul il peut le faire : il vient et il est là au milieu d’eux. Vont – ils le reconnaître ? Sa présence est présence de paix. Il dissipe toute peur. Il ouvre les cœurs. Sa voix est heureuse. De ses plaies coule un amour qui les transporte de joie. De cette présence de paix sort une énergie vive qui les transforme et les envoie. Humanité restaurée. Comme un amour maternel intense guérissant toute blessure, toute béance de faute par eux communiqué, avec la même intensité, à tout humain qui voudrait voir son cœur guéri. C’est dans la paix que cela se vit ; et c’est la paix qu’on communique. Ce n’est pas indifférent à notre aujourd’hui.


3-        Dans une semaine, nous serons appelés à choisir un des candidats pour la très importante élection présidentielle française. Dans le contexte du temps de Pâques, notre choix peut se déterminer  et même si, dit-on, beaucoup de français sont encore indécis, nous devrons choisir en fonction de certaines convictions fortes enseignées par notre foi au Ressuscité.
Tout d’abord, oui à ce qui concerne la vie et la famille : la famille, plus que jamais a besoin d’être soutenue, avec un père et une mère pour accueillir les enfants. Oui à tout ce qui est fait pour accompagner les personnes en fin de vie ; jamais d’euthanasie. Oui à tout ce qui conduit à un plus grand partage du travail et des richesses et non à ce qui favorise l’inégalité grandissante dans le monde et notre pays. Oui à un accueil des immigrés, généreux, responsable et respectueux des droits de l’homme et nous avons à y prendre part. Nous ne pouvons rester enfermés : notre vie en société appelle des points de repère nets sur les exigences du bien commun et sur la mise en œuvre effective de la fraternité.
Enfin
, je le répète, les disciples du Christ ne peuvent déserter ni décrier l’importance et la noblesse de l’engagement politique, essentiel pour l’harmonie du vivre ensemble. Certes, dit St Paul, pour des chrétiens, tout est possible mais tout n’est pas souhaitable. N’ayons pas peur de nos choix mais surtout confrontons-les à ce qui est le meilleur : la paix qui vient de l’évangile.


4-      Le disciple Thomas était ailleurs ; il nous ressemble trop. Sachons faire, à notre tour un chemin de vie en accueillant le Ressuscité qui vient à nous. Il est déjà là présent, là où ne l’attendait peut-être pas. Risquerions–nous de ne pas le voir ? Sa paix donnée en est le Signe.

Semaine du 09 au 15 avril 2007

Chers amis
 
Après les fêtes de Pâques. la semaine fut plus calme.
 
Les Fêtes dans l'ensemble se sont très bien déroulées. Un groupe d'une quarantaine de jeunes adultes venus de toute la France est venu le weekend à Eymoutiers. C'était très bon (rencontres et célébration).
 
Rencontre du Bureau du Conseil presbytéral pour mettre au point le prochain CP, groupe de lecture d'evangile à Ste anne
des visites dans les maisons de Roziers St Georges et Linards... aussi, le séjour de Jean-François Penhouet (de la mission de france) et de Catherine et Dominique Simonneau venus de Vendée.
 
Dimanche 15, nous avons une bénédiction de motards et motardes , comme l'an dernier, à Peyrat le Chateau.
 
Au cours de la semaine, quelques nouvelles du Tchad (pas très bonnes avec le décès /il y fait près de 50°/ de Fr Pedro à Sarh, que j'avais au bout du fil il y a quelques jours) et aussi des Philippines.
 
An toute amitié
 
Jean-Michel Bortheirie

dimanche, 08 avril 2007

Pâques 2007

Plongée de vie, plongée d'amour

Ce matin de Pâques, nous sommes plongés dans un univers nouveau, un univers de vie. S’il n’y a aucun signe extérieur dans les rues de nos villes et nos villages, ni de manifestation visible de l’événement, la résurrection est pourtant à l’œuvre dans les cœurs des croyants. Une maman m’écrit : « je suis très heureuse de vous apprendre que nous venons de nous réconcilier avec nos enfants et nous avons tellement souffert de leurs absences et silences, que nous avons accepté patiemment de retrouver un chemin de paix et d’amour ; le Seigneur nous a aidé … ». Un adulte me dit : « nous avons entrepris une démarche de réconciliation profonde, sérieuse, avec des personnes que nous avions évacuées de nos relations ». Un enfant raconte : « j’étais fâché avec mes camarades. Maintenant, on s’est réconcilié ». Oui, pendant ces 40 jours qui nous ont préparé à ce jour de Pâques,  chacun a essayé d’écouter une nouvelle musique dans son cœur : se réconcilier, s’ouvrir, aimer davantage.

Car la fête de Pâques n’est pas un événement du passé. C’est aujourd’hui, en ce moment même que la Résurrection du Christ travaille le cœur du monde et des hommes. Une explosion de vie qui renouvelle tout l’être. Oui, Christ est Ressuscité et nous en faisons l’expérience intime, forte, nous donnant pour aujourd’hui ardeur et force pour la route.

 

Mais que s’est-il passé au premier matin de Pâques ?

Ce sont des femmes qui sont allées au tombeau de Jésus. Surprise : le tombeau est ouvert. Imaginez ce que vous pourriez éprouver si la tombe familiale était ouverte en grand ? et il n’y a plus de corps ! on peut imaginer l’effondrement. Plus de trace, tout est tombé. Dans ce désarroi, ce vide, une prière sans doute, en tout cas un cri intérieur : où est-il ? il était mort ; maintenant c’est vide ? au cœur de cette expérience radicale, elles vont se remémorer ce qui était avant et encore l’avant d’avant, quand elles avaient rencontré Jésus pour la première fois et qu’il avait bouleversé leur vie. Elles étaient au bord d’un gouffre et il les avait tirées de là.  Elles comprennent soudain que ce qui arrive aujourd’hui est enraciné dans une histoire ; que ce n’est pas n’importe qui qui peut le comprendre ; seuls ceux qui ont été avec lui sur les chemins de Galilée, qui ont traversé les tribulations avec lui, mais qui ont espéré jusqu’au bout, peuvent comprendre ce qui arrive : il ne pouvait pas rester parmi les morts ; il est Vivant ! et elles vont l’annoncer, même si personne ne les croit, même si on les prend pour des folles, elles ne peuvent pas garder pour elles une telle expérience de vie.

 

Et pour nous qu’en sera t-il ?

C’est un événement intérieur que nous pouvons seulement partager entre ceux qui y croient, parce qu’ils ont fait une expérience semblable ! d’une manière discrète et respectueuse, le Ressuscité touche les cœurs sans s’imposer, laissant seulement croître la vie et l’amour. Personne ne pourra s’en rendre compte et pourtant, il permet aux hommes de vivre et d’aimer. C’est à dire à trouver du sens à leur existence. Et c’est cela qui transforme tout ! Ici, nous comprenons enfin que la vie est plus forte que tout ! la vie du Christ gonfle nos veines, dilate le diaphragme, ré-irrigue le cerveau ; mais encore davantage, la vie du Christ revisite toute notre mémoire, apaise les blessures secrètes, renforce nos points faibles, guérit notre mal. Le Christ, vraiment vivant, est un trésor que nous portons dans nos corps et nos esprits fragiles. Mais il nous porte plus loin que ce que nous n’aurions jamais imaginé. Force d’un amour infini qui porte nos êtres dans le courant immense de la vraie vie qui est une vie d’amour.

 

 

Germes de résurrection quand on aime

Nous avons besoin, comme les femmes de l’évangile, de partager ce trésor qui bouleverse notre vie. Sans crier, sans l’imposer. Simplement, par une attitude neuve. Aimer son prochain comme dit le Christ, c’est l’élémentaire. Mais c’est le tout. Le vivre dans la prière, c’est déjà aimer : un 1ier pas qui en fait, porte l’amour des autres. Puis, avec patience, la Résurrection du Christ semée en nous agrandit notre vie, la porte plus loin, fait croître foi, espérance et amour

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