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dimanche, 11 février 2007
Journée Mondiale des Malades et personnes seules
6edimC – Jr 17 ;1Cor 15 ;Lc 6
1- Une maman est venue me parler de son fils. Il a à peine 18 ans et est en train de mourir. Les doses de morphine ne suffisent plus à calmer son mal. C’est maintenant dans la bouche que grossit la chair malade. Elle a peur qu’il parte étouffé. Malgré son désarroi, je la sens assez pacifiée : son enfant ne repartira plus à l’hôpital, elle va l’accompagner jusqu’au bout à la maison. Mais elle ne peut accepter cette issue injuste. Pourquoi son enfant unique, qui était si doux et si bon. Elle prie. Mais ce sera fini. Elle a dit à son enfant : de l’autre côté, tu penseras à moi et moi d’ici, je penserai à toi. Ainsi, nous resterons ensemble. Elle m’a demandé aussi de penser à lui. Manière discrète de m’associer à leur terrible épreuve. Elle me dit aussi, qu’elle n’avait pas imaginé tenir et porter comme elle le fait, cette épreuve. Manière de lui indiquer que la foi, c’est ainsi. J’ai pensé aussi à Marie, dont c’est la fête aujourd’hui, journée des Malades, dimanche de la Santé. Elle s’est unie à la souffrance de son fils. Elle l’a porté jusqu’au bout. Est-ce que la liturgie de ce jour peut nous aider à vivre le temps de la souffrance et de la maladie dans la foi et l’espérance ?
2- Jérémie, le prophète de l’entre-deux, celui qui rappelle contre les évidences, la vérité dérangeante de Dieu, veut faire entendre quelque chose à ceux qui voient toujours des injustes réussir et des justes souffrir. Sur qui et sur quoi appuie t-on sa vie ? sur des prouesses, la force, l’argent, le prestige, la notoriété ? tout cela est caduc et ne dure qu’un temps. Même si en apparence, tout réussit, l’intérieur est vide et rien ne le rassasie. Au contraire, celui qui s’appuie sur ce qu’on peut appeler « le Seigneur » et qui sont les valeurs de l’amour, l’amitié, la générosité, le don de soi, l’engagement pour les autres, jusqu’à donner sa vie ; même si ces valeurs ne sont reconnues ni acceptées, profondément, elles nourrissent et donnent du sens. C’est une manière de vivre en « santé » et de communiquer la « santé ». On peut être mal, malade, seul, isolé, apparemment abandonné, vivre de ces valeurs du « Seigneur » donne un grand secours pour chaque jour. Et c’est le sens de la confiance en la vie malgré tout, le sens de mettre « sa confiance dans le Seigneur » dont parle le prophète.
Dans l’évangile de Luc, Jésus s’adresse à tous ceux qui ont accepté de le suivre et pas seulement, à tous ceux qui venus de partout, veulent l’entendre. Ils sont de loin, de diverses familles, régions, pays, religions, et ont en commun d’avoir un cœur qui entend. Quand on souffre, on a un cœur qui entend. Quand on est repu, on est sourd à tout et on en meurt. C’est pourquoi, dit Jésus, ils sont malheureux, les repus, les riches enfermés dans leurs richesses, les moqueurs et les gens adulés car rien de tout ça ne dure éternellement ! mais heureux ceux qui acceptent de vivre et de se mettre au niveau de ceux qui n’ont rien, car ils seront comblés de la vraie vie et pourront montrer un chemin de vie à ceux qui cherchent le vrai bonheur.
3- Qu’est-ce que ça veut dire pour nous aujourd’hui en ce dimanche « de la santé » ?
Tout d’abord, ce qui paraît difficile, c’est peut-être, accepter le réel comme une donnée de la vie et non comme une punition ou un coup du sort. Aucune situation aussi injuste nous paraisse t-elle, n’est une méchante leçon de Dieu ; seulement l’expression de la loi de la vie.
Ensuite, la souffrance morale ou physique, n’est jamais voulue par Dieu. Mais elle peut être chemin, quand, après évolution personnelle, elle fait grandir intérieurement et, au lieu de l’éteindre, donne du courage aux autres et à soi-même aussi pour supporter et dépasser.
Enfin, s’appuyer sur Jésus, parce que quelques uns nous le donnent à voir. Lui qui a connu toute souffrance donne la « santé » à celui qui s’attache à lui. Lui habite notre être faible et renforce de paix et persévérance notre cœur et notre esprit. Ainsi, avec des frères et des sœurs, communiquer sa « santé » à ceux qui en ont tant besoin.
4- Prions pour que nous soyons de ceux qui communiquent de prière et de soutien profond « la santé » à tous les « malades » avec le soutien et la grâce de N Dame de Lourdes.
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