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mardi, 28 novembre 2006

Visites près du Mont-Gargan

J'entre dans un petit village : de grands panneaux (stationnement interdit) apparemment neufs sont placardés dans tout le village. Je frappe à une porte : la fenêtre s'ouvre où apparaissent un couple assez jeune et un petit enfant de 2 ans. Je me présente ; ils me disent qu'ils voudraient baptiser le petit sur le Mont Gargan (haut-lieu de la Résistance) dans une chapelle en ruines ainsi que ses frères ainés (17 et 14 ans). Interloqué, je leur demande si je peux leur laisser mes coordonnées.

Ils me font entrer et m'offrent le café. (mes 2 toutes dernières visites dans des fermes du coin, j'avais été reçu debout ou carrément sur le pas de la porte). Ils commencent un récit. Ils viennent de Seine-et-Marne, ont acheté cette maison depuis 2 ans pour pas cher, ont débuté une entreprise individuelle de travaux paysagers qui marche.
Mais ils se sont heurtés aux voisins qui les insultent sans cesse, cassent leur mur, bloquent le chemin et feraient tout pour les voir partir. Cela se passe mal avec le maire, la commune. Aussi, ils ont écrit à Sarkozy, ont vu le préfet, le député, engagé un avocat et mettent leur voisin au tribunal. Ils ne laisseront plus rien passer, disent-ils.

Je continue ma visite dans la maison voisine (qui avaient bien remarqué d'où je venais). Ce sont des agriculteurs de 58 et 52 ans. Ils me font entrer et m'offrent le café, avec des biscuits. Ils n'aiment pas les "arrivistes". Ils ont tout fait pour accueillir leurs nouveaux voisins mais se sont heurtés à des refus. Ils ne reçoivent d'eux que des insultes, il a bien touché le mur avec son tracteur mais 2 pierres auraient juste besoin d'un peu de ciment. Au lieu de cela, ils ont reçu la visite des gendarmes et sont trainés au tribunal. Le monsieur a fait une dépression et s'est mis en pré-retraite. Ils ne voient pas comment ça peut s'arranger. Ils sont de là, depuis toujours, disent -ils...

Ces rencontres, dans ces maisons, avec des récits de conflit du voisinage, m'ont rappelé un autre conflit rencontré une semaine plus tôt : le conflit entre Palestiniens et Israëliens. On y a construit un mur en béton de 8 m de haut pour séparer les quartiers.

Ce ne peut non plus être une solution.

dimanche, 26 novembre 2006

Le Christ Roi de l’univers

34° dim B

Le Christ Roi de l’univers – cf. Dn 7 ; Ap 1, 5-8 ; Jn 18, 33-37

1 - Il y a quelques jours à peine, nous nous trouvions au cours de ce pèlerinage à Jérusalem, sur les lieux supposés de l’interrogatoire de Jésus par Pilate, le Lithostropos, grand pavement qui en garde la mémoire. Cet interrogatoire s’est déroulé au cours de la plus longue nuit de souffrance, lorsque Jésus, arrêté comme un brigand à Gethsémani, a été trainé ligoté vers le lieu de son supplice. Et nous avons parcouru ce chemin qui est long et nous sommes entrés dans une fosse profonde, sur les lieux où siégeait Caïphe. Oui, il était mis en prison et défiguré, malmené, souffrant. Mais digne. C’est ce que la fête d’aujourd’hui nous rappelle, alors que nous achevons l’année liturgique, comme un paradoxe de ce que nous imaginons volontiers de la grandeur et du pouvoir et ce qui est en réalité dans le message de la vie de Jésus et qui concerne le monde.

2- Parce que, dans son projet d’amour pour tous les hommes, Dieu a voulu venir se joindre à notre humanité, il n’a pas choisi de venir en prenant les premières places comme spontanément on chercherait à le faire. Il a au contraire, choisi de se tenir à la dernière place, celle dont personne ne veut, pour qu’il puisse rejoindre tout homme y compris le plus petit et le plus faible, et que tout homme puisse aisément se joindre à lui, quelqu’il soit. Il n’a pas craint pour cela, de revêtir l’habit du serviteur, de l’esclave, non pas parce que cette situation serait plus envieuse, mais pour la transformer de l’intérieur ; le serviteur est homme et homme digne. Etre roi à la manière de Jésus, c’est être serviteur, homme digne. Le dialogue avec Pilate nous fait entendre un deuxième aspect de sa royauté : homme de vérité. Etre vrai c’est d’abord, ajuster paroles et actes, de sorte que de toute sa vie respire cette authenticité de l’existence qui donne confiance et qui produit des miracles. Le règne de la vérité s’oppose à tout ce qui est factice, tout ce qui trompe, tout ce qui ment. Bref, tout ce qui souvent nous entraine sur des chemins qui détruisent l’humanité. Mais plus encore, ce qu’on entend dans l’évangile c’est que cet appel à un vie vraie concerne tout homme. Car la vérité n’est pas réservée à une catégorie de personnes celles qui croient ou celles qui se retrouvent à l’église. La quête de vérité et l’appartenance à la vérité dépasse nos catégories et c’est pourquoi, le règne du Christ atteint toute personne dans sa dignité et dans sa quête profonde. Ainsi, le règne du Christ n’est pas dans le factice ou le superficiel ; il est dans les valeurs partagées par les hommes en quête de dignité, de justice et de vérité. Et on peut le promouvoir comme une exigence (ne craignons pas de nous engager en ce sens) d’humanité.

3- Qu’est-ce que ça veut dire pour nous aujourd’hui ?
Tout d’abord, il nous faut prendre conscience de l’importance de celui qui nous touche, non pas dans notre imaginaire mais dans notre esprit et notre cœur, comme un roi, serviteur, petit, faible, mais digne et vrai, sur qui on peut s’appuyer pour conduire sa vie dans la paix et la confiance.
Ensuite, il nous montre un chemin pour lequel nous sommes parfois des infidèles : nous préférons les grandeurs et les reconnaissances, nous manquons de vérité dans le rapport aux autres et aussi, en nous mêmes. Il s’agit aussi d’en prendre conscience et de se tourner vers lui qui nous renouvelle dans l’amour. Et pour cela , nous avons besoin de la communauté, pour être renouvelés.
Enfin, nous tourner vers tous les hommes ; chercher avec eux ce qui est la vérité. Cela ne veut pas dire que nous la possédons, mais que nous l’écoutons chez les autres, y compris, chez ceux qui nous en paraissent éloignés. Le Christ les touche aussi et nous avons à en recevoir l’écho, ce qui nous renforce et nous permet de grandir dans cette vérité de vie offerte à tous les hommes.

4- Prions pour nous-mêmes pour que nous nous ajustions davantage au Règne d’amour de vérité et de service du Christ, et aussi pour que l’humanité entière, en commençant par nous – mêmes, puisse découvrir là où il doit avancer pour un bonheur partagé pour tous.

Retour de pèlerinage

Chers amis,

Après un merveilleux pélerinage en terre sainte où tout s'est très bien déroulé (vous pouvez en lire un bref compte rendu ici), il a fallu reprendre pied sur la terre limousine.

Groupe de lecture d'Évangile, une journée de formation avec le CMR (Chrétiens en Monde Rural) sur la famille, entre rupture en enracinement à Limoges, une journée de travail théologique en Creuse aujourd'hui, la messe animée par Lou Rossigno do Limouzi, groupe de folklore limousin, en l'honneur de Sainte Cécile à Eymoutiers.

Bonne semaine et amitiés.

Jean-Michel

mercredi, 22 novembre 2006

La Terre Sainte, une expérience à partager

medium_IMG_0603.2.jpgDu 9 au 20 novembre, 18 membres de notre communauté paroissiale élargie, se sont mis en route sur les pas du Peuple de Dieu en Égypte, Palestine et Israël. Même si l’actualité n’est pas accommodante en ces lieux mélés d’histoire et de passions, où les peuples souffrent et se déchirent, nous avons vécu sereinement notre pèlerinage grâce à Kayed, un bon guide arabe chrétien et son compagnon chauffeur Azar en nous rendant sur tous les lieux significatifs de cette terre aimée entre toutes.
 
Traverser le désert.
En quittant la grande métropole du Caire et les souvenirs des pharaons, nous suivons les traces de Moïse et de son peuple. Dans la nudité et l’immensité aride, la célébration de l’eucharistie sur un monticule de sable nous fait comprendre le sens de notre pèlerinage. Nous avons quitté nos univers familiers pour nous laisser toucher par la grâce du Seigneur. Et plus tard, au cours de la nuit, nos pas nous ont fait grimper le Mont Sinaï pour assister à la première lueur de l’aube, avant que depuis le sommet, toute la montagne s’embrase de lumière. Au milieu des roches et des hommes du désert, nous avons fait l’expérience d’un Dieu qui parle au cœur de l’homme.
 
 
medium_IMG_0121.jpgÀ la suite de Quelqu’un sur les routes de Galilée.
Autour du Lac de Galilée, les lieux familiers des évangiles nous transportent de paix et de joie. Sur le Mont des Béatitudes, nous avons entendu les paroles de Jésus, nous l’avons suivi dans les maisons où il rencontrait les gens. Depuis les sources du Jourdain, jusqu’au Mont Thabor, et finalement, à Nazareth, chaque étape est une manière de saisir la vie de cet homme qui a transformé l’univers et l’humanité, par la simplicité de sa présence. À Cana, les couples présents ont renouvelé leur engagement de mariage et dans la grotte de l’Annonciation, c’est l’espérance qui est née pour se propager dans le monde entier.
 
Passion et Résurrection.
Même à Bethléem, cité entourée d’un mur de séparation de 8 m de hauteur, souffrance et mort sont présents. Comme naissance et vie. Là Dieu s’est fait homme, l’un de nous. On l’a vu dans les divers lieux de sa Passion à Jérusalem. L’universalité des peuples, se manifeste dans le Notre Père écrit en 145 langues, tout autant que dans la multiplicité des groupes de pélerins au Saint Sépulcre venant des 5 continents, que dans la diversité religieuse et ecclésiale des communautés que nous y rencontrons. Les plus hauts lieux saints des trois grandes religions : Judaïsme, Christianisme et Islam s’y trouvent dans un mouchoir de poche. Même si la longue histoire humaine a été fertile en violences et incompréhensions, nous entrons dans une ère où, s’ils le veulent, tous les hommes s’entendront et construiront ensemble la paix. Comme une Résurrection.
 
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Enfin, sous le patronage de Sainte Anne, la sainte patronne de notre Paroisse, dans sa « maison » de Jérusalem, la seule église romane subsistant du temps des Croisés, nous avons prié pour toutes les familles de notre Paroisse Ste Anne ; et chanté merveilleusement sous la direction de Pierre Roussel. L’action de grâces monte de nos cœurs. Le prochain pèlerinage en Terre Sainte s’envisage pour l’automne 2009. Les amateurs peuvent déjà s’y préparer.
 
P. Jean-Michel Bortheirie
 
Photos des Pélerins de la Paroisse devant l’entrée de l’Église Sainte Anne de Jérusalem
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dimanche, 05 novembre 2006

Tu aimeras

31e Dimanche B

« Tu aimeras » cf. Dt 6, 2-6 ; He 7, 23-28 ; Mc 12, 28-34

1- Ces jours-ci, on parle davantage des problèmes de l’avenir de la planète avec cette question lancinante : comment maitriser ce qu’on appelle « l’effet de serre », comment préserver les ressources naturelles, comment conserver les chances d’un développement harmonieux qui éradique la pauvreté etc. De nombreux experts proposent des solutions. Elles se résument à peu près à la même chose : diminuer tout ce qui accroit les pollutions et les destructions de l’environnement, réduire le train de vie des pays riches. Or, si les solutions semblent à peu près sûres et possibles à mettre en œuvre, qu’on les connaît depuis des années, on constate pourtant comme un refus de les appliquer. Cette actualité et la difficulté qui l’accompagne m’ont fait penser aux textes d’aujourd’hui qui proposent quelque chose de très connu mais qu’on ne met pas non plus en pratique : le commandement de l’amour.

2- Dans la Bible, les 5 premiers Livres (de la Genèse au Deutéronome) appelés Pentateuque, sont le résumé de l’Alliance et de la Loi remises par Dieu au peuple d’Israël. Au cœur d’un ensemble de prescriptions et de propositions, on trouve ce fameux passage lu ce jour : « Ecoute, Israël, le Seigneur notre Dieu est l’unique, tu aimeras … » que tout juif connaît depuis l’enfance, puisqu’il était mémorisé et constamment récité (un peu comme le credo ou le Notre Père pour nous). Au milieu du Lévitique, enchassé dans toute une série de prescriptions qu’aujourd’hui nous avons du mal à parcourir, on trouve l’autre parole « tu aimeras ton prochain comme toi même… ». Nous connaissons ces paroles, elles sont reprises dans l’évangile de ce jour. Peut-on mieux les comprendre ? C’est un scribe qui s’adresse à Jésus. Il est un des experts de la Loi. Il est vrai, le contexte est polémique car Jésus est confronté à des adversaires comme pour un procès dont l’issue sera une condamnation sans appel. Mais le scribe est bien disposé et s’adresse à Jésus comme à un étudiant en théologie lequel lui répond comme dans une joute universitaire. En effet, Jésus a sorti l’essentiel de la vie spirituelle : l’amour de Dieu et l’amour du prochain vont ensemble, et si on manque l’un, on manque l’autre. Aimer Dieu, l’unique, de tout son cœur et de toutes ses forces, c’est en même temps, reconnaître que tout vient de Lui et qu’on ne fait que lui rendre ce qu’on reçoit de Lui. Mais va de pair, le rapport à l’autre : il est mon semblable car lui aussi reçoit tout de Dieu et donc, ce que j’aime à travers mon prochain c’est toujours Dieu. Cet essentiel est aussi un résumé et le scribe va plus loin en exprimant que cet « aimer » complet vaut toutes les formes religieuses qui soient. Est-ce la fin de la religion ? non, parce qu’il faut mettre cela en pratique. Et mettre en pratique, c’est justement la manière d’entrer dans le Royaume de Dieu.

3- Qu’est-ce que cela veut dire pour nous aujourd’hui ?
Tout d’abord, nous sommes toujours remis devant la vérité de notre foi. Comme dit St Jean, si je déclare aimer Dieu (que je ne vois pas) et si je déteste mon semblable quel qu’il soit, je suis menteur. Et cela vaut pour vous et pour moi. C’est d’ailleurs ce qui est toujours reproché.
Ensuite, dans les circonstances ordinaires, on le sait mais on n’y parvient pas. Il s’agit donc d’entrer dans une nouvelle perspective, avec le soutien de frères ou de sœurs, par exemple par l’accompagnement spirituel, les groupes d’évangile ou des groupes de relecture, pour bien voir comment progresser jour après jour, peu à peu, sous le regard bienveillant de quelqu’un ou de quelques uns qui vous aiment.
Enfin, on est capable d’aider d’autres à franchir le pas de l’amour du prochain par une attention à l’autre qui est de l’amour. Dans le respect qui va jusqu’au bout. Et qui est une manière de mettre en pratique la proposition de Jésus et donc, du Royaume de Dieu.

4- Demandons dans notre prière, de garder toujours dans le cœur et en actes l’image de cet amour pour Dieu et tous les frères ; et qu’ainsi, le monde progresse vers le Royaume.

Départ en Terre Sainte

Chers amis,
 
Au cours des fêtes de Toussaint, partout, dans les petites églises, nous avons célébré une prière autour de la parole et de la lumière. Ce fut une première et nous avons reçu de très bons échos des 20 églises où cela eut lieu. Dans l'une, le maire (communiste) avait fait balayer l'église et dans une autre, c'est Mme le Maire elle même qui a animé la célébration.
 
J'ai pu me rendre au Pays Basque, en déposant à Toulouse mes compagnons Indiens qui étaient là pour la Toussaint, et même avec très peu de temps, participation, grâce à Jean-Michel Bornetche, à la manifestation de l'agriculture paysanne à Bayonne : le dîner à base de porc basque regroupait 500 convives et animé par de nombreux groupes de chanteurs.
 
Samedi après-midi, inauguration du maître-autel restauré à l'église de St-Martin-Château et ensuite rencontre en soirée des joueurs de foot de Sussac.
 
Nous nous préparons à partir pour la Terre Sainte.
Nous sommes 18 paroissiens à rejoindre un groupe de Toulouse avec Benat Queheille.
Ainsi, pendant 2 weekend, il n'y aura pas d'envoi d'homélie.
 
Programme du pélerinage :
 
Jeudi 9 novembre : voyage depuis la paroisse jusqu’au Caire (Egypte)
Vendredi 10 : le quartier copte du Caire ; la Sainte Famille.
Samedi 11 : les chemins de l’Exode jusqu’au monastère Sainte Catherine au Sinaï
Dimanche 12 : le Sinaï, entrée en Israël, Eilat, la Mer Morte
Lundi 13 : Qumran, Jericho, vallée du Jourdain, Mont Thabor, Cana, Nazareth.
Mardi 14 : Banias, le Golan, Capharnaüm, traversée du Lac, Mont des Béatitudes
Mercredi 15 : Nazareth, Saint Jean d’Acre, Haifa, le Carmel
Jeudi 16 : Césarée maritime, Jaffa, Ein Karem, Bethléem
Vendredi 17 : Jérusalem : Mont des Oliviers, Gethsémani, Mont Sion, Saint Pierre
Samedi 18 : Bethléem, Béthanie, Siloé, Saint sépulcre
Dimanche 19 : les quartiers de Jérusalem, Chemin de Croix
Lundi 20 : la nouvelle ville de Jérusalem, porte de Jaffa, retour.
 
Pendant toute cette durée de pèlerinage, nous restons très unis de cœur et de prière
 
En toute amitié
 
Jean-Michel Bortheirie

mercredi, 01 novembre 2006

Bienheureux les cœurs purs

1er novembre 2006 – Fête de Toussaint

Bienheureux les cœurs purs - cf. Ap 7 ; Mt 5,1-12

1- Nous avons en ces temps cléments plutôt un temps de fin d’été qu’un temps de Toussaint ! Mais la rencontre familiale tous ces jours ci, à la faveur d’un congé ou d’une visite, permet à chacun de se souvenir de ceux qui nous ont déjà précédés dans le Royaume de Dieu. Et aussi de nous tourner vers cet avenir offert au-delà de la mort, à tous les hommes, ceux du présent, ceux du passé, ceux du futur. La Solennité de Tous les Saints fêtée en lien avec la commémoration des fidèles défunts trouve une origine dans les traditions celtiques du 8ième siècle( !). Mais si l’Eglise choisit de nous proposer cette vision de gloire, c’est pour nous inviter à vivre dans l’espérance du renouveau par delà la mort. Et ceux qui sont entrés dans ce renouveau, ce sont d’abord les saints. Mais comment la Bible nous parle t-elle des Saints ?

2- Le Nouveau Testament appelle « saints » l’ensemble des membres de l’Église, les baptisés (voir, entre autres, Éphésiens 1,1). On fait référence aussi à ce que l’Ancien Testament désignait comme un attribut de Dieu, la Sainteté. Mais Dieu ne garde rien pour lui, il donne tout à son Fils. Dieu communique son être qui est la sainteté à celui qui est d’abord Jésus de Nazareth, qu’on appelle très justement « le Saint, le Saint de Dieu ». Et Jésus va rendre participants à sa sainteté tous ceux qui croient en lui. Voilà pourquoi, les hommes croyants sont englobés dans ce qu’il y a de plus grand, le bonheur de Dieu. Et même, la Bible va plus loin, puisque d’après elle, ce ne sont pas seulement les croyants qui sont appelés à devenir saints. Ce sont tous les hommes qui reçoivent cet appel à la sainteté, en fonction de leur vie et de leurs actes. Et nous le trouvons expressément dans l’évangile de Saint Matthieu. Au commencement de cet évangile, nous trouvons ce que nous venons d’écouter : les Béatitudes. Et à la fin, la parabole du Jugement dernier. Au début et à la fin, Jésus ne parle pas des croyances des uns ou des autres, s’ils ont été des chrétiens ou non, mais il parle de ce que chaque homme peut vivre. Et il faut prendre la chose au sérieux : c’est tout homme qui pourra rentrer dans le Royaume de Dieu grâce aux bons comportements qu’il aura eus avec ses frères. Et ce Royaume de Dieu est préparé pour tous ceux qui auront montré un cœur assez pauvre pour être capables de pardon, un cœur assez pur pour s’engager au service de la justice et de la paix, un cœur assez fort pour supporter d’être persécuté. Non au moyen de forces qu’on aurait en soi – même, mais des forces accueillies et reçues du Créateur à partager avec ses frères. Ainsi, c’est une victoire et de Dieu et de l’humanité ensemble : la victoire sur le mal. Réussite de Dieu et réussite de l’humanité ensemble: réussite que le bonheur soit partagé à tous. Ainsi, entre-t-on dans une véritable et grande famille : la famille de ceux qui ont aimé Dieu parfois sans le savoir, la famille de ceux qui ont servi l’humanité, parfois sans le savoir.

3- Qu’est-ce que ça veut dire pour nous aujourd’hui ?
Tout d’abord, la sainteté n’est pas pour des gens extraordinaires ; elle est pour nous, vous et moi, et c’est d’abord un appel qui nous est personnellement adressé par le Seigneur. Je vous conseille de prier profondément et de demander au Seigneur qu’il fasse de chacun de nous un saint, une sainte. N’ayons pas peur de cela. Au contraire, c’est un bonheur.
Ensuite, la sainteté rencontre en nous des obstacles ; parce que nous mettons des obstacles en refusant de pardonner à quelqu’un, en fermant les yeux sur l’injustice, en nous décourageant, en refusant de témoigner du Christ. Mais nous pouvons changer et compter pour cela sur la solidarité spirituelle des Saints présents dans le Royaume de Dieu. N’hésitons pas à les prier.
Enfin, il s’agit sans doute pour chacun de nous de porter le témoignage de la Vie de Dieu quoi qu’il en coute. Aller vers les frères, les servir, les aimer, dialoguer avec eux, surtout quand tout dans la société nous conditionne à faire l’inverse. Avec la force de Dieu.

4- Prions avec et pour toutes les personnes déjà présentes dans la gloire du Royaume de Dieu. Et aussi pour tous ceux qui sont en route et pour qu’ils entrent dans la lumière de la Vie.

Jour de Toussaint

Chers amis,
 
En cette fête de Toussaint, toutes mes amitiés à tous.
 
J'ai le plaisir d'accueillir 2 prêtres indiens : Laurence du Kerala et Christopher du Tamil Nadu. Les célébrations se présentent bien. Les 25 églises de la paroisse vivront chacune un temps fort de commémoration le 1er novembre après-midi.
 
J'ai célébré deux messes dans les 2 maisons de retraite : Châteauneuf-la-Forêt et Eymoutiers. Ayant fait chanter les personnes âgées  elles étaient toutes contentes.
 
Jean-Michel Bortheirie

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