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dimanche, 20 août 2006

Une Sagesse qui nourrit et donne la vie

20°Dim B

Une Sagesse qui nourrit et donne la vie –cf. Ep 5,15-20 ; Jn 6,51-58

1- Il existe de nombreuses sagesses dans notre monde ; et pourtant, est-ce la sagesse qui guide les pensées et les actions des hommes et celles des sociétés humaines ? Au cours de cet été, en ce moment même, deux marées noires désastreuses sont en train de souiller peut-être définitivement les côtes libanaises et philippines et toutes deux ont été volontairement provoquées !!! l’une par des bombardements ciblés ; l’autre par l’insouciance. De même, dans les familles, j’entends ici ou là des mésententes provoquant conflits ou dépressions ; et en même temps, je vois l’expression de générosités, de désirs pour repartir sur des chemins nouveaux, grâce à la prière à l’occasion d’une bénédiction de maison, avec la venue d’un enfant, ou une recherche qui va à l’essentiel. Nous, qui sommes de ceux qui accueillent le sens de la vie par la Parole nourrissante de la Bible, pouvons en recevoir aujourd’hui un renouvellement par les textes de ce jour.

2- L’apôtre Saint Paul qui fut témoin du Christ ressuscité et porteur de l’évangile tout autour de la Méditerranée jusqu’à son martyre en l’an 64 de notre ère, invite ses frères à une sagesse essentielle : ne vivez pas comme des fous mais comme des sages. Cela les provoque à réfléchir à leur conduite de vie et surtout à comprendre que ce n’est pas tant les choses qu’on fait qui comptent mais plutôt la manière de les conduire. Au Baptême, nous recevons tous l’Esprit saint, l’Esprit de Jésus ressuscité. Dès lors, habité d’Esprit saint, on ne peut plus vivre n’importe comment. C’est un appel au réalisme : comprendre le temps où on vit, saisir l’essentiel qui n’est pas le matériel, se tourner vers ses frères, s’attacher à la louange et l’action de grâce, cette attitude qui élève, donne la joie et nourrit l’âme. C’est le symbole de la vraie vie. La Sagesse de Vie. Jésus (s’adressant aux disciples et au-delà, à toute la foule,) propose une véritable circulation de vie. La vie, on ne se la donne pas, on l’accueille. La vie ne se garde pas pour soi, elle se communique. La vie passe des uns aux autres parce que les uns la donnent. La Vie de Jésus est donnée parce qu’il se donne tout entier. Il ne reste pas extérieur : totalement, il se donne ; c’est le même mouvement qu’au Baptême, avec Lui, on est plongé dans sa vie ; on l’entretient et on fait de même. On entretient cette Vie en accueillant le Corps du Christ, pain de Vie. Et ce Pain de Vie fait de nous le Corps du Christ. Les uns et les autres, profondément unis par ce Corps, deviennent un seul Corps. N’est-ce pas ce que nous vivons aujourd’hui ? et quelque soit l’endroit où nous habitons, même sans se revoir avant longtemps, le Corps du Christ nous unit spirituellement, nous consolide dans la fraternité, nous fait tous communion au Père dans l’Esprit.

3- Qu’est-ce que ça veut dire pour nous aujourd’hui ?
Tout d’abord, il s’agit de nous attacher à ce qui est de plus important. Ce n’est pas forcément ce que la société nous présente, mais plutôt, voir la vie, tout ce qui favorise la vie, tout ce qui fait circuler la vie dans un donner et un recevoir qui englobe peu à peu tous.
Ensuite, faire le tri. Il y a des conduites qu’il faut changer, il y a des ouvertures à faire, il y a un amour à découvrir et partager. Pour cela chacun peut voir en lui-même ce qui convient de changer, sur quels points progresser.
Enfin, connaître davantage l’Auteur de la Vie ; comprendre un peu mieux Celui qui est nourriture de Vie ; savoir accueillir sa Vie par l’Esprit qu’il nous donne en abondance. Et ainsi, peu à peu, se retrouver avec des frères, dans une communauté ouverte à tous mais qui devient peu à peu Corps du Christ.

4- Demandons au Seigneur courage et force pour pouvoir davantage inscrire dans notre vie le témoignage d’une vraie sagesse et la communiquer par Celui qui est le Pain de Vie, aux enfants qui grandissent, aux jeunes qui l’ignorent, à ceux qui se sont refroidis faute d’amour.

Semaine du 14 au 20 août

Juste avant de partir à Rocamadour pour nos 180 km à pied jsuqu'au 30 août un petit coucou bonne fin d'été !

Jean-Michel

mardi, 15 août 2006

Assomption 2006

Assomption de la Vierge Marie

Ap 11,19 ;12,1-10 ; Lc 1, 39-56

1- Depuis quelques jours, j’ai circulé dans les différents villages de la montagne limousine pour célébrer de manière anticipée la fête d’aujourd’hui, la Solennité de l’Assomption. J’ai été frappé de ce que partout, on était nombreux pour cette fête : les églises, ces magnifiques petites églises romanes de nos bourgs étaient à peu près remplies de fidèles, jeunes, adultes, aînés, enfants. Dans l’une d’elles, j’ai demandé à un groupe d’enfants de chercher dans l’église des figures de Marie, un peu comme un petit jeu de piste. Il y en avait trois : une mère avec l’enfant, une pieta avec Jésus mort remis aux bras de la mère et un tableau représentant exactement l’Assomption de Marie au ciel, portée par les anges. Et une vieille grand-mère a expliqué aux enfants (et toutes les grandes personnes en ont profité), qui était Marie, la nouvelle Ève, et comment elle anticipe le salut de toute l’humanité réunie en Dieu. Je ne vais pas vous faire ici la même démonstration, mais cette parabole de la communication entre une personne âgée et des enfants dans cette petite église m’a fait penser à la teneur des textes proposés par la liturgie aujourd’hui.

2- En effet, c’est d’une rencontre dont il s’agit, la rencontre entre une dame très âgée, Élisabeth, qui attend un enfant dans sa vieillesse, alors qu’elle n’espérait plus rien, et une jeune toute jeune, peut-être de 14 ou 15 ans, Marie, qui, elle aussi, de manière tout aussi providentielle est enceinte de Jésus. Quoi d’extraordinaire dans cette rencontre, une Visitation entre deux mamans ? Or c’est le sens du monde qui s’exprime là. C’est la jeune qui en a pris l’initiative, c’est l’ancienne qui reconnaît la grandeur de l’événement ; c’est l’ancienne qui bénit la jeune, c’est la jeune qui chante le magnificat. Dans cet intergénérationnel, un même mouvement s’exprime : la grâce, qui est le don de Dieu accueilli par la liberté humaine, passe de l’une à l’autre et de l’autre à tous. Les dons de Dieu ne sont jamais limités ; c’est nous qui les limitons. Les dons de Dieu passent des uns aux autres, s’amplifiant par l’accueil et l’acquiescement des personnes pour qu’en bénéficient le plus grand nombre. Et qu’est-ce qui le permet ? C’est la présence du Seigneur lui-même porté par les personnes. Ici, c’est Jésus porté dans le sein de sa mère. Marie porte la présence divine, elle est remplie de l’Esprit. Elle la communique même sans dire un mot, par sa simple grâce. Il n’y a pas plus simple action missionnaire : la visitation, visiter les personnes, mais ça suppose de sortir de soi, à défaut de sortir de chez soi. Il n’y a pas de discours à faire : la présence suffit, mais une présence dense d’Esprit. Et puis, louer, entrer dans la louange, c’est à dire, lire les événements comme avec les yeux de Dieu. Par extension, toutes les puissances, faussement puissantes, seront renversées et les humbles, les comme Marie, seront élevés. Non pas par les armes du monde mais par la simplicité, la pureté, la transparence, l’amour, toutes des valeurs du Royaume de Dieu. Ainsi se présente l’espérance du monde dans la maison d’Élisabeth.

3- Qu’est-ce que ça veut dire pour nous aujourd’hui ?
Tout d’abord, rien ne pourra advenir d’heureux dans le monde sans l’acquiescement des personnes à la grâce. Accueillir Dieu suppose que nous en soyons les accueillants, nous, âgés comme Élisabeth ou bien jeunes comme Marie.
Ensuite, il s’agit de se mettre à l’école de Marie, chemin de simplicité, humble mais ferme, ouverte mais réaliste. Elle était première en tout, c’est à dire première dans les valeurs du Royaume. N’ayons pas peur de nous mettre en route comme elle.
Enfin, avec elle, nous sommes sûrs de ne pas nous tromper. Elle nous conduit toujours au Père par son Fils et l’Esprit. Elle tire l’humanité hors de l’eau, elle est solidaire jusqu’au bout.

4- Prions pour qu’en cette fête de l’Assomption, nos cœurs ne s’apesantissent pas dans les complications du matériel, mais restent tournés vers Celui qui vient, le Christ, né de la Vierge Marie. Lui, a voulu que sa mère nous devance dans son Royaume et nous y entraîne.

Avant le départ pour Compostelle

Chers amis,

Au cœur de l'été, qui me permet de célébrer dans un tas de petites églises du coin, bonne Fête !

À Eymoutiers, nous aurons ce jour la kermesse paroissiale.

Pas mal de gens sont impliqués.

À partir du 20 et jusqu'au 30, nous sommes en marche pour Compostelle : 2e étape de Rocamadour à Saint-Antoine (après Moissac). 50 inscrits.

Toutes mes amitiés et à dans quelques jours...

Jean-Michel Bortheirie

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