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dimanche, 28 mai 2006
Habiter le monde pour le transformer de l’intérieur
7e dimanche de Pâques
Habiter le monde pour le transformer de l’intérieur –Ac1;Jn17,11
1- Une personne me dit combien sa façon de vivre a changé depuis qu’elle a pris conscience que le monde, s’il continuait ainsi, courait à la catastrophe. Elle a commencé à moins gaspiller, à être attentive à ce qu’elle achète, à réfléchir pour utiliser moins sa voiture, et pour ne pas être tenté par la consommation, elle ne regarde plus la télévision et utilise son temps gagné en rencontrant ses voisins. Un jeune couple m’explique que pour consolider leur vie commune, une soirée par semaine, ils coupent la musique et tout ce qui encombre, pour un temps de partage entre eux deux. Ce sont des petites choses, mais mises bout à bout, elles m’ont fait penser à l’expression d’un évêque : « les croyants ne vivent pas une autre vie que la vie ordinaire, mais ils vivent autrement la vie ordinaire ». Les textes de ce jour lui ressemblent.
2- Dans les Actes des Apôtres, on nous parle de ce qui se passe après le départ de Jésus. Le groupe des Apôtres revoit ce qui s’est passé en eux et entre eux, comment leur groupe dispersé par l’épreuve de la crucifixion, a pu être rassemblé par le Ressuscité mais il en manquait un : Judas n’est plus là. Pour reconstituer le groupe des Douze, allaient-ils rivaliser pour déterminer son remplaçant ? Non, ils choisissent de faire comme si Jésus lui-même, présent parmi eux, opérait le choix. Leurs facultés normales de décision ne sont plus tournées vers eux-mêmes, monopolisées par l’égoïsme ou la recherche de soi, mais libres d’une liberté nouvelle que leur donne la présence intérieure du Seigneur, leur horizon est transformé.
C’est le sens de la Prière sacerdotale de Jésus dans l’évangile de Jean. Comment communiquer aux disciples ce qui fait l’essence de son être : sa relation profonde au Père ? L’unité, la profonde unité entre eux ne sera pas le produit d’un simple vouloir humain, bien qu’il y contribue, mais le résultat d’un don du Père, tout comme lui-même, Jésus, est le don du Père. Jésus, don du Père, Parole du Père, Parole comme don, Parole d’amour. C’est cette parole d’amour qui produit l’unité profonde entre les disciples. C’est hélas un autre genre de parole qui les divise : l’esprit du monde orientant vers l’unique satisfaction de soi, divise, provoquant comparaison, rivalité, domination, exclusion. Tout le contraire de l’amour. Dans un même mouvement, retourné au Père mais toujours présent à ses disciples, Jésus les arme de la Parole de Vérité. Par cette parole de vérité qui ne laisse pas prise à ce qui est faux, les disciples sont capables de vivre dans le monde mais en vivant autrement. Et par ces nouvelles manières d’être, ils transforment de l’intérieur. Tout d’abord, par la joie intérieure, comblés par l’Esprit saint, par l’unité sans faille avec les frères, et par le désir de donner un nouveau sens à la vie du monde avec les valeurs du Royaume.
3- Qu’est-ce que ça veut dire pour nous aujourd’hui ?
Tout d’abord, prendre conscience que suivre Jésus, c’est décider de prendre un chemin différent et parfois même contraire de ce que proposent les multiples sollicitations de la publicité et du monde en général, qu’il soit économique, médiatique ou autre.
Ensuite, s’exercer à favoriser tout ce qui fait l’unité plutôt que ce qui divise, que ce soit déjà dans le foyer, en famille, au travail, au quartier, et aussi dans la communauté. Et cette unité se vit dans la vérité. La parole vraie la favorise. La parole d’amour la favorise.
Enfin, savoir que rien n’est réalisé s’il n’est pas d’abord reçu. Reçu des uns par les autres, reçu d’un Autre, qui est le Père. Savoir retourner à la Source, demander à la Source. La Source donne toujours, sans calcul et sans mesure. Dans cette communication profonde on devient libre et libre d’habiter autrement le monde où l’on est.
4- Demandons dans notre prière que le fond de notre être soit renouvelé, consacré dans la parole de vérité et que le monde en soit transformé. Par un courage reçu et partagé avec les frères, nous pourrons être de vrais disciples.
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Semaine du 22 au 28 mai 2006
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dimanche, 21 mai 2006
Un amour qui va jusqu’au bout : Aimez-vous
Un amour qui va jusqu’au bout : Aimez-vous - Ac10 ; Jn15, 9-17
1- Si pour certains, le mot amour est mis à toutes les sauces, je sais que pour d’autres, ce mot « amour » exprime une réalité profonde qu’ils vivent au quotidien. Au quotidien, ça ne veut pas dire extraordinaire. Ça veut dire permanent.
Ainsi, je pense aux Sœurs de Mère Teresa (avec qui j’ai eu la chance de vivre en Afrique et d’en rencontrer à l’œuvre dans divers pays pauvres). Elles ont partout la même attitude : une attention très poussée envers les plus faibles, considérant chacun avec une extrème tendresse : enfants handicapés, malades du sida, vieillards délaissés, prisonniers… cet amour n’est pas seulement vécu à l’extérieur, mais aussi à l’intérieur de la communauté. Venant de pays différents – ce qui surprenait les gens autour – on sent chez elles la simplicité de la relation et la joie. Et au cœur de tout et toujours, le ressourcement par la prière, dans l’Amour du Père de qui tout vient.
Sans aller si loin, je vois dans certaines famille, l’amour d’un enfant handicapé, les sacrifices qu’on s’impose, et en même temps la force et la joie intérieures. Et pas seulement chez les croyants. L’un d’entre eux me dit qu’il ne croit pas en Dieu. Mais quelle tendresse, quelle attention, quelle abnégation, même, depuis 18 ans que son épouse a eu un accident de santé qui l’a profondément handicapé…
2- Les textes d’aujourd’hui nous montrent à quels déplacements nous pouvons être appelés sous le signe de l’amour. Au-delà de nous mêmes mais aussi à l’intérieur de nous mêmes. En dépassant les frontières ou les barrières des habitudes, aussi de la culture, de l’éducation, que nous portons toujours en nous. Ce déplacement apparemment sans grande importance, en fait, est le secret pour que l’amour soit vrai. Et qu’il porte du fruit insoupçonné autour de soi. C’est l’expérience de Pierre qui entre chez des païens (risque incompris par les Juifs de son temps) uniquement par amour. Et reçoit avec eux l’Esprit en plénitude : Esprit de liberté et d’amour. C’est l’expérience des disciples de Jésus qui n’hésitèrent pas à payer de leur sang le don d’amour de leur vie (et comment ne pas penser aujourd’hui, 10e anniversaire du martyre de Christian de Chergé et de ses compagnons moines de Tibhirine, aux vies pleinement et librement données à Dieu et à l’Algérie). C’est l’expérience de vie de Jésus lui-même, car il n’y a de vrai que l’ajustement des paroles et des actes, partagée par tous ceux qui croient en lui. Le don de soi par amour n’est pas seulement le respect de l’autre ou la tolérance, ni une sagesse de vie, ni une simple éducation. Elle est conversion profonde, un changement de perspective qui libère la joie intérieure dans une simplicité de cœur. Ainsi, peut-on aimer sans compter, le don d’amour croissant, à mesure où on se remplit à la source de l’Amour.
3- Qu’est-ce que ça veut dire pour nous aujourd’hui ?
Tout d’abord, « aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » ne peut pas être un slogan facile. Il est le titre, le nom propre de ceux qui se réclament de Jésus. Et sur ce point précis, nous sommes toujours provoqués à la véracité de notre foi.
Ensuite, le commandement de l’amour n’est pas une option. Hélas, nous nous heurtons à des difficultés nombreuses de le mettre en pratique. Peut-on en parler avec quelques uns ? c’est un point que nous pouvons porter en communauté. Et nous pouvons nous aider mutuellement.
Enfin, impossible de nous décourager. L’amour que nous donnons est d’abord un amour reçu. Ce que nous recevons en abondance, l’amour qui vient de notre Dieu-Amour, est à demander toujours dans la prière. Non pas pour nous mêmes, mais pour le partager et le donner. Avant de se donner.
4- Prions pour que notre vie entière devienne prière : prière qui prend la forme de l’amour vécu et partagé et qui se traduit en joie.
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Semaine du 15 au 21 mai 2006
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dimanche, 14 mai 2006
Dimanche de l’Alliance
5e dimanche de Pâques
Extrait du Cantique des Cantiques
1- Au cours de nos diverses journées quelle joie de rencontrer des êtres heureux : heureux de vivre, heureux d’aimer. Ils sont de tous les âges car il n’y a pas d’âge pour être heureux. Et c’est le cas pour vous chers amis qui vous préparez à célébrer cette année votre mariage ainsi que tous ceux qui vous entourent !Le bonheur, comme dit le proverbe, le vrai bonheur est-il sans nuage ? Une question qui n’est pas banale ! La vie a, elle, des nuages mais c’est la manière de la conduire qui peut être sans nuage. Le bonheur signifie aussi que l’heure, c’est à dire ce qui est quotidien, quel qu’il soit, est vécue comme bonne. Bonne heure ; heure bonne. En somme le bonheur, c’est porter le quotidien, y compris le quotidien difficile, d’une manière fructueuse, heureuse. Et cela c’est un secret : il y a des gens heureux alors que leur vie extérieurement apparaîtrait comme malheureuse. Et puis il y a des gens qui ont tout pour être heureux et qui ne le sont pas. Comment cela est-il possible ?
2- Le bonheur ne peut se vivre seul. On peut être seul apparemment mais relié à d’autres. On peut apparemment vivre à deux et être en fait seul. Le secret du bonheur, c’est être relié, c’est vivre une Alliance : « mon bien-aimé est à moi ; et moi je suis à lui », c’est aimer et être aimé. Une alliance au sens fort. Qui se construit jour après jour. Comme dit le Cantique des Cantiques : chaque jour, dire « Lève-toi, mon amie, viens ma toute belle, montre-moi ton visage, fais-moi entendre ta voix ». Ce n’est pas seulement des mots et encore , prononcez-vous ces mots ? Chaque jour, c’est comme une prière, c’est comme une déclaration d’amour. Une déclaration conjuguée au quotidien. J’en connais qui après quarante huit ans de mariage sont capables de le dire avec ces mêmes mots d’amour. Mais ne croyons pas que cela soit difficile ou exceptionnel si jour après jour, on a vécu les heures et les jours dans un climat d’alliance.
Le bien-aimé a dit : « Que mon nom soit gravé dans ton cœur, qu’il soit marqué sur ton bras ». Ne comprenons pas cela comme des paroles en l’air. Le nom représente toute la personnalité, l’histoire personnelle, les qualités, les défauts, les évolutions et aussi toutes les capacités de pardon. Le cœur et le bras symbolisent l’être tout entier : le physique et le moral, et aussi le spirituel. Même loin des yeux grandit l’intimité du cœur. Dans un respect amoureux, l’un et l’autre avancent et progressent en approfondissant leur union. C’est la fécondité amoureuse. Dans une sexualité qui respecte l’autre et qui permet de s’aimer toujours.
«L’amour est fort comme la mort, c’est un feu divin, les torrents ne peuvent éteindre l’amour ». En ce sens, dans cette alliance intime et féconde, vous participez à un amour qui est plus fort que tout et qui vient de Dieu. Il est la Source d’amour. Ainsi, l’amour est humain et divin. Rien ne peut l’arrêter sauf nous mêmes si nous nous lassons de notre alliance ou si nous la négligeons. Et vous savez que c’est avec des petits riens que la lassitude s’installe. Mais c’est aussi avec des petits riens que l’amour se rallume : n’oublions jamais que sous la cendre apparemment froide, une braise est prête à enflammer votre union. L’Alliance est basée sur la confiance (qui est l’autre nom de la foi) elle est aussi basée sur l’espérance (qui est plus immense que l’espoir) ; l’Alliance, c’est l’autre nom de l’Amour.
3- Qu’est ce que ça veut dire pour nous aujourd’hui ?
Tout d’abord, croire en l’autre, quoiqu’il en coûte, c’est à dire, lui permettre aussi de croire en moi. C’est une réciprocité de confiance qui se construit chaque jour.
Ensuite, toujours être en dialogue, c’est à dire écoute mais aussi parole. Le OUI c’est une parole. Celui qui reste silencieux ou qui garde pour lui des secrets brise l’espérance.
Enfin, une alliance dure quand il y a pardon. Personne n’est parfait sur terre. Surtout pas moi. Mais il y a le pardon. Ce n’est pas immédiat. C’est un chemin. Le chemin de l’amour, le chemin du bonheur. Je vous souhaite ce Bonheur. Et nous prions pour cela. Chaque jour.
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Semaine du 8 au 14 mai 2006
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dimanche, 07 mai 2006
Dimanche de la « Vocation »
4e dimanche de Pâques
La « Vocation » - cf. Ac 4, 8-12 ; Jn 10, 11-18
1- Une personne me dit : j’aime mon travail, j’ai toujours aimé aider les autres et même après 37 ans de travail, je l’aime toujours autant. Cette dame est infirmière à l’hôpital, dans un service de réanimation. Il lui arrive souvent d’accompagner les familles qui perdent ainsi leurs proches. Elle dit : 37 ans de métier, 37 ans de bonheur. Et quand je lui demande : depuis quand vouliez vous faire ce métier ? elle me dit : depuis toute petite. Quand j’avais 13 ans, je voulais être Sœur ou infirmière. Pour aider les autres. Et quand elle passe un coup dur, quand elle est elle même touchée par le souci, elle ne sait comment, mais elle repart, elle retrouve de l’énergie, de la force et elle la communique aux autres. Ainsi, lui dis-je, c’est une vocation, vous êtes portée par un Amour qui vous anime et qui donne du sens à votre vie. Et au lieu de vous fatiguer, vous êtes renouvelée. Faut-il ajouter que cette dame n’est pas spécialement croyante et que ses enfants n’ont jamais été sensibilisés à la foi. Mais en ce dimanche des vocations, cet exemple tout simple nous laisse entendre un appel.
2- D’où vient l’appel, cet appel intérieur, intime, qui a du mal parfois à émerger mais qui anime profondément l’être tout entier ? D’où vient-il que certains l’entendent et que d’autres, au contraire, passent toute leur existence sans jamais s’en douter ? Cet appel, c’est pourtant ce qui traverse toute la Bible depuis la Genèse jusqu’à l’Apocalypse avec son accueil ou son refus. Et aujourd’hui, avec la parabole du Berger, l’Evangile nous en donne le sens.
L’histoire de ce Berger surprend : il marche à la tête des brebis (et non à l’arrière) ; il ne vit pas sur le dos de son troupeau, au contraire, c’est lui qui nourrit et qui donne sa vie pour ses brebis. La figure du berger est présente chez les Prophètes car il est le symbole du roi, de celui qui guide le Peuple, de celui qui prend soin de son Peuple. Mais très souvent, les bergers chargés d’aider, ont une attitude inverse, écrasant les faibles et ne pensant qu’à eux-mêmes. Ces faux bergers, Jésus les appelle « mercenaires ». On dirait qu’ils ne savent ni ne peuvent porter les autres vers le bien. Au contraire, ils les tirent vers le bas, vers la satisfaction immédiate toujours insatisfaite, vers ce qui ne nourrit pas. Le Vrai Berger, lui, parle au cœur, il connaît l’intime, il aime et il aime jusqu’au bout. Il rassemble, il unit, il ne recule pas devant le danger, il protège au péril de sa vie, il inspire la confiance. Il communique ce qui est sa vie qui est toujours de se donner, de s’oublier, même, d’être heureux de ce que les autres soient heureux et de tout faire pour que les autres découvrent le vrai bonheur. Ce Berger est celui qui depuis toujours accompagne l’humanité dans sa quête de la vraie vie et du bonheur, qui est présent en tout homme, qui ne s’impose pas, ne force pas, mais il peut parfois suggérer dans une liberté, qu’on se mette en route également, d’avoir la même attitude, pensant moins à soi même, s’oubliant, pour secourir et aider les autres. Appelé au même don, appelé à donner sa vie à sa suite. Pour servir les frères en humanité dans le monde et dans l’Eglise.
3- qu’est-ce que ça veut dire pour nous aujourd’hui ?
Tout d’abord, chacun a une vocation. Il ne peut exister d’homme ou de femme et même d’enfant, sans vocation. Et cela va au-delà d’un métier. Il s’agit d’une manière d’être, d’une manière de vivre qui soit un service d’amour.
Ensuite, cette vocation peut être contrariée par les circonstances, les événements, les oppositions de son entourage, et parfois aussi des choix inconscients vers le matérialisme, et peut mettre beaucoup de temps, des dizaines d’années, parfois, à émerger dans la conscience.
Enfin, il faut apprendre à écouter ces vocations, trésor de vie des personnes, mais aussi apprendre à appeler car le Berger parle aussi par nous. Et nous avons à lui prêter notre voix et notre vie pour que d’autres découvrent ce à quoi ils sont vraiment appelés. Pour leur meilleur.
4- Prions pour que chacun ici et autour de nous, puisse entendre dans le fond de son cœur cet appel d’amour à la vie et au bonheur et sache en faire profiter les autres. Par le Ressuscité.
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Semaine du 30 avril au 7 mai 2006
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