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dimanche, 23 avril 2006
Heureux celui qui croit sans avoir vu
2e dimanche de Pâques
« Heureux celui qui croit sans avoir vu » cf. Ac 4,32-35 ; Jn 20,19-31
1- Une personne me raconte comment, engagée activement dans un groupe associatif depuis des années, elle en fut exclue pour des fariboles provoquant en elle de grandes difficultés. Mais le difficile passage s’est achevé lorsque elle a été introduite (par hasard) dans la communauté où le soutien des uns et des autres l’a remise sur pied. D’autres personnes me disent que tout en restant chez elles, elles se sentent unies à la communauté qui se rassemble et ça les renforce. Les sociologues ne disent pas autre chose quand ils décrivent la descente aux enfers des SDF quand se rompent les liens sociaux. Ce qu’on dit de la communauté humaine (et on sait quel combat il faut mener dans la société d’aujourd’hui pour développer les liens) est encore plus intense concernant la communauté chrétienne. C’est ce que les textes de ce dimanche de Pâques nous rappellent fortement.
2- Jésus avait réussi au cours de sa vie à rassembler quelques compagnons et compagnes dans un même idéal de vie. Mais on sait hélas que sa condamnation à mort par les autorités provoqua la dispersion de la communauté, chacun étant renvoyé à relire sa vie et en mesurer la vérité. La résurrection le matin de Pâques fut un événement extraordinaire mais devint événement à la mesure où ces disciples en firent une expérience communautaire. Jésus ressuscité se donne à voir à ceux qui opèrent en eux un véritable retournement, les rendant capables de le communiquer à leurs frères. Tant que le ressuscité reste extérieur à soi, la distance qu’on lui impose ne peut être comblée et dès lors aucune expérience de foi n’est possible. Mais quand le ressuscité devient intérieur à soi, un changement total de perspective s’opère ; une vie intense se développe confortée par les frères et se consolide de plus en plus produisant encore davantage d’élan, de dynamisme qui se communiquent des uns aux autres et aux uns par les autres.
L’expérience de Thomas est celle-là. Tant qu’il reste extérieur, il veut « voir » ; attitude typique de la mise à distance ; mais un chemin du croire devient possible quand il se met en intériorité, ralliant la communauté où le Seigneur vivant prend l’initiative de la miséricorde, pour le rejoindre dans son humanité et se faire tout intérieur à lui-même. Thomas devient dès lors capable d’accueillir « la paix » et de la communiquer. Cette « paix », ce « shalom » a un sens très large, plus que l’absence de guerre, la réussite d’un projet de vie, les bonnes relations avec son entourage etc. La paix du ressuscité rétablit donc des relations harmonieuses en l’homme d’abord, entre les hommes et Dieu et les hommes entre eux. Cette harmonie que la communauté expérimente, déborde vers les autres, le ressuscité renouvelant en permanence sa présence, en tous ceux qui s’ouvrent à lui.
3- Qu’est-ce que ça veut dire pour nous aujourd’hui ?
Tout d’abord, « croire » est un chemin. On ne peut pas croire en la résurrection du Christ si on n’en fait pas l’expérience intime. Tant que ça reste extérieur à nous, comme une information, une valeur, ou une connaissance, il n’y aura vraiment aucun effet en nous.
Ensuite, entrer dans ce chemin, c’est rencontrer la communauté des croyants ; un croyant isolé est un croyant perdu. Mais un croyant rejoint est un croyant conforté. Nous devons toujours nous méfier de la mentalité ambiante de l’individualisme, obstacle énorme à l’élan et au dynamisme intérieurs.
Enfin, nous sommes renvoyés à la qualité de vie de notre communauté. Qu’est-ce que je favorise et qu’est-ce que j’empêche dans la communauté. Qualité de l’accueil … qualité du témoignage… Nous avons vraiment à changer…
4- Prions ou plutôt, entrons dans une prière vraie. Une prière active où surgit la capacité du pardon parce que le Ressuscité agit en nous, d’où débordent paix et dynamisme, qui se communiquent à toute notre existence dans le partage et l’amour. Par lui, le Vivant.
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Semaine du 17 au 23 avril 2006
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dimanche, 16 avril 2006
Méditation de Pâques
"Christ est ressuscité. Il est vraiment ressuscité !" C'est par cette phrase simple, vigoureuse, tonique, que les chrétiens se saluent au matin de Pâques. L'aurore de ce dimanche apporte une nouvelle inattendue : le Christ a été tiré de la mort, il est vivant. Pâques célèbre la toute-puissance de l'amour de Dieu, vainqueur des déceptions, des trahisons et de la mort elle-même. C'est le coeur de notre foi chrétienne. Dès aujourd'hui, nous sommes invités à transformer les forces de mort qui nous habitent pour laisser peu à peu gagner en nous la vie.
En rencontrant ces derniers temps dans les maisons, ceux que j’appelle des "mamans-courage" et des "papas-courage", j’ai pensé aux forces de résurrection à l’oeuvre. Ils ou elles sont tout de discrétion. Elles montrent un amour réel, profond qui transfigure les personnes éprouvées, ouvrant un avenir d’espoir. Il y a celle qui a dû reprendre les affaires familiales après le suicide de son mari et engager une vie nouvelle de service ; il y a celui qui offre tout son temps au service de son épouse handicapée ; il y a celle qui a traversé plusieurs cancers, n’en finit pas de lutter contre le mal mais qui en même temps, secouant ses proches pour ne pas se laisser aller, espérer, lutter, garde la joie. Autour de nous ils sont nombreux ceux qui sont travaillés par ces forces de résurrection. Et plusieurs sont des croyants. Connaissent-ils le Christ ? Ils puisent en Lui la ressource et l’énergie pour communiquer la vie. Ne le connaissent-ils pas ? Ils sont travaillés par des forces qui les font porter en avant, vers un avenir. Ils font crédit à la vie.
La résurrection n’est pas un « recyclage » de l’existence ; c’est un renouvellement, une nouvelle naissance. Le Ressuscité ayant franchi la mort nous tire vers le renouvellement total de l’être. On ne pense plus pareil, on connaît mieux l’importance de certaines choses, on sait les valeurs humaines, on est habité par la foi. C’est pourquoi, la résurrection du Christ est un événement inouï : grâce à elle, la vie humaine a un avenir inimaginé. Et il n’y a pas d’âge pour en faire l’expérience. Pourrons-nous accueillir sans peur cette expérience ?
Car avant d’accepter la réalité de cette Résurrection, il nous faut franchir plusieurs obstacles et en premier lieu la peur. La peur prend plusieurs formes : le pessimisme, le frein à l’audace, ce qu’on appelle le respect humain, la fuite des responsabilités etc. En s’attachant au Christ Ressuscité, la peur paralysante disparaît et la foi dynamique grandit. Il y a aussi l’obstacle de la fermeture et le plus redoutable, la fermeture du cœur et de l’esprit : quand il n’y a pas de place pour les autres, pour les idées des autres, y compris les idées ou convictions religieuses des autres, on vit un enfer sans le savoir. En s’attachant au Christ Ressuscité, on se libère et des espaces s’ouvrent de plus en plus. Il y a enfin l’obstacle qu’on peut globalement appeler, le matérialisme. L’attachement aux choses, rester captif de son confort ou de son bas de laine, l’horizontalité de l’existence, sans pouvoir élever les yeux ou les bras vers le ciel. En restant paralysé des pieds et du cœur nous connaissons l’impasse. Mais, en accueillant Dieu qui s’engage pour la vie des hommes, qui combat tout ce qui enferme les hommes, on bascule dans un univers nouveau.
Comme ce matin, tant qu’il y aura des chrétiens, à la suite des Apôtres, pour crier « Christ est ressuscité ! », des hommes sauront que la mort, que toute œuvre de mort, peut être affrontée, traversée par l’Amour. Cet Amour infini qui a touché notre terre et qui a vidé nos tombeaux.
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Semaine du 10 au 16 avril 2006
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dimanche, 09 avril 2006
Rameaux 2006
A la fin du parcours de Jésus qui l’a conduit depuis les bords du Jourdain jusqu’en Galilée, dans les bourgs et villages, au bord du lac ou sur les montagnes, le voici qui arrive à Jérusalem.
Jérusalem est le lieu du rendez-vous ultime : la capitale religieuse du peuple juif où les prophètes ont été persécutés. Va t-on reconnaître Jésus comme l’envoyé de Dieu ou bien va t-on le persécuter comme les autres ? c’est ce que nous revivrons au cours de la liturgie de la Semaine sainte. Jésus sera mis à mort accusé par les mêmes foules qui l’acclamaient quelques jours avant, au jour des Rameaux. Cela nous interroge sur notre attachement que nous pouvons avoir pour la personne de Jésus, aujourd’hui. Est-il profond ou superficiel ? cela se voit à nos actes !
Mais observons un peu mieux l’évangile que nous venons d’entendre : il y a l’histoire d’un petit âne. Un petit âne qui attend. Il est attaché près d’une porte, dehors, dans la rue. Jésus précise que personne ne l’a encore monté. Et ce sont 2 disciples envoyés par Jésus qui vont le détacher et le lui amener. Ils doivent répondre de cet acte devant les gens qui les interrogent. Tout comme nous, il nous est peut-être arrivé de devoir justifier de notre engagement ou de notre mission. Eh bien, nous ferons la même réponse : le Seigneur nous envoie ; l’Eglise nous envoie ; le curé nous envoie… ce n’est pas par nos propres forces que nous agissons. C’est avec le Seigneur et Lui seul !
Mais ce petit âne, que devient-il ? il est amené à Jésus, on le couvre de manteaux, Jésus s’assoit dessus et s’avance. Le petit âne est le porteur de Jésus. Sans petit âne, Jésus ne peut pas entrer « triomphalement » à Jérusalem. C’était annoncé par les prophètes de la Bible.
Et aujourd’hui, c’est encore la même chose pour nous. Qui porte Jésus ? un petit âne. Qui porte la bénédiction de Jésus ? un petit âne qui est nous mêmes. Nous sommes le petit âne de l’évangile qui va porter la bénédiction du Seigneur dans tous les petits villages de la paroisse pour que tous et spécialement les plus petits et les plus faibles puissent en bénéficier.
C’est une grâce qui nous est faite aujourd’hui pour que les bienfaits de Dieu touchent le cœur de tous et guérissent ceux qui sont les plus fatigués et les plus usés.
Jésus nous aime chacun et chacune. C’est cela que nous annonçons. Amen.
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Semaine du 3 au 9 avril 2006
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