dimanche, 13 décembre 2009
Entrer dans la joie de l'attente
3e dim Avent C-13 décembre 09- Entrer dans la joie de l'attente- cf. So 3,14-18;Ph 4,4-7;Lc 3,10-18
1- Pour qui a éprouvé la joie d'attendre un événement heureux, comme d'être enfin enceinte, de décrocher son premier emploi, le retour d'un ami, etc... cette joie, c'est comme l'accomplissement d'un désir, porté jusqu'à son terme. Cet accomplissement nous fait oublier la souffrance de l'attente précédente, même si la joie est souvent accompagnée de douleur. Je connais une jeune maman actuellement enceinte du second : tout à la joie d'annoncer l'événement à sa meilleure amie, celle-ci, au lieu de la féliciter, a laissé éclater sa jalousie (pour une fausse couche mal supportée). Résultat, leurs relations sont rompues. Alors que la célébration de Noël approche, et que les événements nous offrent bien des raisons de ne pas nous réjouir, laissons-nous toucher par l'appel de la Parole à découvrir la vraie joie de l'attente du Sauveur.
2- Le Livre du prophète Sophonie a été écrit à une époque de transition (vers 630 av JC) où l'injustice et l'idolâtrie règnent dans la ville sainte, pour avertir d'un châtiment qui anéantira Jérusalem. Il annonce cependant, que l'espérance n'est pas morte, qu'un reste subsistera et que les nations païennes participeront au bonheur de ces humbles. Douleur de l'épreuve mais aussi joie intense d'une espérance en acte. Car Dieu vient lui-même imprimer de sa présence et renouveler ceux qui se disposent à l'accueillir. Saint Paul, aussi, invitera les Philippiens à expérimenter la vraie joie, au milieu des tribulations de leur temps. En se laissant pleinement habiter par le Seigneur, ils n'éprouveront aucune inquiétude mais certainement la paix et la joie qui viennent vraiment de lui. Quant à l'évangile, on voit en scène Jean Baptiste annonçant à ses contemporains la venue prochaine du Sauveur. Cette seule annonce devrait provoquer la joie. Or, l'état des auditeurs est tel que l'inquiétude prévaut : quoi faire pour être en accord avec la vie nouvelle demandée par le baptême ? Les foules, celles qui bientôt vont entendre la prédication de Jésus, les collecteurs d'impôts, ces pécheurs qui seront rejoints par la miséricorde de Jésus, les soldats, ces étrangers qui seront atteints par le salut universel apporté par le Christ, tous demandent quoi faire ? Rien d'autre que ce minimum à la portée de chacun : partager, ne pas exiger, se contenter de ce que l'on a. Ainsi, se trouve le chemin de la vraie joie, celle où on se libère des servitudes de l' « avoir plus », ou « gagner plus » en trouvant sens dans l'attente du Sauveur. Lequel n'est pas aisé à discerner (on le confond avec Jean), mais qui donne en abondance l'Esprit Saint pour que chacun réalise dans sa vie ces éléments de conduite qui donneront la joie intérieure. Cela n'évite pas les conditions difficiles de la vie (Jean Baptiste sera emprisonné) mais ces conditions ne sont jamais à un niveau tel, qu'elles empêcheraient de changer sa propre manière de voir ou de trouver sa joie dans une conduite différente de ce qui précédait.
3- Comment cela peut-il s'appliquer aujourd'hui ?
Tout d'abord, en nous interrogeant sur ce qui nous donne de la joie. La joie est plus profonde que le plaisir. Plus durable aussi. Ce n'est pas dans les choses matérielles que nous éprouvons la vraie joie, mais dans une manière d'être en relations. Avec les autres ou avec Dieu. Et cette joie nous enlève l'inquiétude, du présent comme de l'avenir.
Ensuite, la joie du cœur n'annule pas les difficultés de la vie. Mais elle permet peut-être de mieux les porter. Elle permet aussi de s'approcher de tous ceux qui souffrent, l'esprit paisible, de les écouter, et peut-être leur communiquer la paix qui console. Cela peut se vivre avec des tas de gens qui sont autour de nous, car ils sont nombreux ceux qui souffrent.
Enfin, en ce temps de l'Avent, nous sommes invités à porter cette joie de l'attente en communauté. En resserrant les liens communautaires, c'est un surplus de joie que nous expérimenterons. L'affection mutuelle, l'attention à l'autre, c'est encore une manière de vivre l'attente du Sauveur. Et chacun peut trouver ce qui conviendra au mieux à sa situation.
Demandons à Dieu de découvrir un peu mieux cet appel à la joie intense que les textes nous proposent aujourd'hui, sans nous distraire de l'aide à notre prochain qui est dans le besoin.
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Semaine du 07 au 13 décembre 2009
Chers amis,
Après une très bonne journée avec les marcheurs-pélerins de Compostelle, la semaine a été marquée par un grand nombre d'obsèques, souvent tragiques, que j'ai dû célébrer avec les différentes équipes paroissiales. Egalement, les obsèques du P Michel Martin, un grand missionnaire (notamment en Centrafrique et en Creuse).
Aussi, groupe d'évangile à Eymoutiers, rencontre de Doyenné à St Yrieix la Perche, rencontre de travail théologique à Ajain, rencontres de travail au CMR et MRJC, diverses préparations. rencontres avec les maires, les préparations pour Noël...
Je vous dis toute mes amitiés,
Jean-Michel Bortheirie
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dimanche, 06 décembre 2009
Préparez le chemin du Seigneur
2e dim Avent -6 décembre 09 - Préparez le chemin du Seigneur - cf. Ba 5,1-9 ;Ph 1,4-11 ;Lc 3,1-6
1- Autour de nous, qui parle et qui prend la parole ? Ce ne sont pas les situations difficiles qui manquent pourtant, ce ne sont pas les occasions de prise de parole qui font défaut. Au cours de Semaines Sociales de France, qui portaient sur le thème des solidarités nouvelles, les membres d'ATD Quart Monde nous ont interpellé : on parle des pauvres, on parle sur la pauvreté, mais on ne laisse pas parler les pauvres ! Combien de discours de circonstance sont-ils inopérants, parce qu'ils ne proviennent pas de la profondeur de l'être et ne sont pas suivis d'actes. Ainsi les puissants qui les portent se trouvent-ils sans force, car la parole n'a d'effet que quand elle est portée par des êtres de vérité. Ainsi, en ce chemin de l'Avent, la parole nous rejoint car elle prend chair dans notre humanité.
2- En 1ière lecture, le prophète Baruch, dont le Livre ne se trouve pas dans la Bible hébraïque mais dans la Septante, écrit, un siècle avant le Christ, l'espérance du rétablissement de la Gloire de Dieu manifestée au milieu de son peuple éprouvé et dispersé. Aujourd'hui, c'est une ode à la Jérusalem nouvelle qui chante et crie de joie, à la vue de ses fils dispersés et exilés retournant vers elle à travers les chemins merveilleux d'un désert verdoyant. S'agit-il d'une parole de consolation pour faire patienter les éprouvés ? une parole de fausse promesse qui n'engagerait que ceux qui l'écoutent ? ou bien une vraie parole qui sera suivie d'effets parce qu'elle vient de Dieu et que Dieu tient toujours ses promesses ?
La réponse est donnée dans le passage d'évangile. Au cœur d'une actualité chargée, avec en panorama la description précise des tenants de tous les pouvoirs religieux, politiques, mondiaux de l'époque (grands prêtres, rois, gouverneur et empereur), la parole n'est pas adressée aux tenants de la parole officielle. Mais à un frêle jeune homme dans le désert, Jean, fils de Zacharie, un pauvre de Dieu. Et cette parole qu'on devine d'origine divine ne va pas s'adresser sous le mode ordinaire d'un message publicitaire. Mais comme un appel à la conversion, c'est à dire, un changement d'orientation du regard qui va renouveler de fond en comble le cours de la vie de ceux qui mettent en pratique cette parole. C'est le sens du baptême de conversion, aplanissant les creux et les bosses du cœur, remettant droit toutes les vanités et faussetés qui encombrent l'esprit et empêchent d'entendre vraiment cette parole qui fait vivre. Non dans un sens personnel ou individuel mais dans un sens communautaire. Ce ne sont pas des individus qui sont invités à changer, c'est une communauté humaine, solidaire de ses actes qui est invitée à préparer le chemin de Celui qui va venir, et on comprend qu'il s'agit de Dieu en personne. Dieu va s'exprimer avec puissance à travers la bouche des faibles qui ont laissé place entière à sa Parole. Pas n'importe quelle parole qu'on baptiserait trop vite « parole de Dieu ». Mais une parole de vérité portée par des êtres de vérité habités de Dieu.
3- Qu'est-ce que ça veut dire pour nous aujourd'hui ?
Tout d'abord, se laisser imprégner par cette parole qui vient de Dieu, c'est prendre au sérieux ce qui vient d'ailleurs et qui n'est pas l'émanation de soi-même. Cela nous invite à nous laisser atteindre par l'humilité de cette parole qui vient de Dieu.
Ensuite, lui laisser toute la place, c'est un peu s'oublier soi-même, c'est ne pas se prendre pour le critère ou le modèle de ce qu'il faut dire, penser ou faire ! mais rechercher et écouter l'appel permanent à changer de regard, d'attitude, de manière de faire. Aplanir les creux et les bosses de son cœur, c'est accepter de vivre dans une dépendance spirituelle de la Parole.
Enfin, cela devra se voir. La Parole de Dieu accueillie transforme le monde : on devient moins conditionné, on s'ouvre de plus en plus aux autres, et même, peu à peu c'est toute la forme du monde qui est renversée. Les pauvres deviennent premiers et la valeur humaine est au premier plan. Ainsi se prépare la venue du Seigneur pauvre et humain.
Demandons à Dieu, dans un élan nouveau, au milieu des morosités et des multiples raisons de désespérer, que nous sachions élever nos cœurs, pour accueillir ensemble Celui qui vient.
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Semaine du 30 novembre au 06 décembre 2009
Chers amis,
La semaine a débuté par les deux heures de méditation dans une ferme (lundi de7h à 9h) proche d'Eymoutiers, des visites dans les maisons, le conseil économique de la paroisse, la journée de fraternité à Pompadour (Correze), préparations de Noël à Peyrat, réunion bilan avec l'équipe de préparation de baptêmes, l'equipe d'animation pastorale, réunion à Limoges pour le Sillon, le CER (carrefour de l'Eglise en rural) à Bourganeuf, les groupes de lecture d'Evangile ou de Bible à St martin Chateau et Saint Méard, réunion publique avec le maire d'Eymoutiers, des obsèques et préparations.
Ce dimanche, la rencontre des "Pélerins" de Compostelle avec la projection du film de la marche d'Aout 2009 en Espagne, au Cinéma Jean Gabin d'Eymoutiers, notre 5ième étape sur ce Chemin que nous atteindrons en 2012.
Je vous dis toutes mes amitiés.
Jean-Michel Bortheirie
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