dimanche, 13 mai 2012

Faux amour ? Vrai amour ?

6e dim Pâques B – 13 mai 12 – Faux amour ? Vrai amour ? - cf. Ac 10,25..48 ; 1Jn 4,7-10 ; Jn 15,9-17

1-        C’est l’histoire d’une jeune mère de famille en voiture avec son mari et son enfant sur une autoroute. Le conducteur s’est arrêté sur la bande d’arrêt d’urgence et est sorti de son auto. A ce moment, un véhicule arrivant très vite percute l’auto, l’enfant est légèrement blessé mais la maman grièvement. Après un coma de 40 jours elle commence à bouger sa main gauche, mais restera tétraplégique jusqu’à la fin de ses jours. Elle peut tout juste bouger son bras gauche. Sur ce, son mari l’a quitté… Mais, c’est son infirmier qui est tombé amoureux d’elle et va l’épouser. Faux amour d’un côté, vrai amour de l’autre. Le prêtre de la paroisse ayant compris la situation accepte de bénir le mariage. Encore un signe de l’amour, malgré l’épreuve. Où cela s’origine t-il ?

2-        Les textes de ce jour nous ramènent à cette origine. Aimons-nous les uns les autres, dit St Jean, puisque l’amour vient de Dieu. Il s’agit ici du fameux « agapé ». La langue connaissait 7 manières de désigner l’amour, mais ici, on désigne ce qui habite en Dieu, cet amour plus grand que l’amour qui nous fait désirer d’habiter en lui. A tel point qu’il qualifie et identifie à la fois ce qu’est Dieu : Dieu-amour. En Dieu, il y a comme une capacité permanente qui est l’amour infini. Et cet amour ne peut se réserver, il se donne en permanence, il se communique comme une réalité qui remplit insensiblement l’univers. Ainsi, est donnée à voir, en toute créature, comme une image de cet amour infini en qui se trouve l’origine de tout. Et quand cet amour infini va se manifester en une personne, ce sera Jésus, le bien-aimé du Père. Jésus ne vivra que de cet amour en lequel il se ressource en permanence, et qu’il communique en permanence. C’est la raison pour laquelle tous ceux qui s’approchent de lui en retirent un bienfait, une guérison, une consolation. L’affection de Jésus n’est pas passagère ; elle transforme les personnes en les questionnant sur leur propre participation à l’amour. Ainsi, de proche en proche, les personnes qui s’approchent de l’Amour deviennent des porteurs d’amour autour d’eux.

            Jésus va aller plus loin dans ses considérations. Il invite maintenant ses disciples à devenir comme lui, pas seulement des porteurs d’amour, mais des acteurs d’amour à sa manière à lui. En s’alimentant sans cesse à la source d’amour comme lui-même s’alimente dans le Père, aucune distance ne prévaut entre lui et ses disciples. Par cet amour intensément accueilli et vécu, la joie remplit le cœur, malgré toutes les épreuves, une joie que nul ne peut ravir car elle est le fruit de l’amour du Père céleste. Cette joie conduit à orienter totalement sa vie sur l’amour divin, sans craindre d’aller jusqu’à donner sa vie pour ses frères, par amour. En agissant ainsi, la suite de l’histoire l’a montré, tant les disciples n’ont rien gardé pour eux, en se donnant totalement, on devient ami du Seigneur, choisi par lui, toujours exaucé.

3-        Qu’est-ce que cela signifie pour nous aujourd’hui ?

Tout d’abord, prendre conscience de la réalité de l’amour dans notre vie. Est-ce que nous pouvons ressourcer cet amour dans l’amour divin qui est le nom-même de Dieu ? Seul l’amour divin donne du sens à tout ce qui vit, à tout ce qui survient dans le monde, renouvelant tous les êtres et le monde.

Ensuite, cet amour rencontre des obstacles dans le cœur des hommes. Il y a les refus, les combats, les reniements, qui entraînent bien des blessures et des malheurs. Alors, l’appel de l’amour peut surgir par la parole d’amour des hommes, leur désir, leur volonté de faire naître un nouvel élan pour la marche du monde vers un mieux pour tous.

Enfin, les disciples de Jésus ont une responsabilité particulière dans l’incarnation de l’amour divin. A l’image de leur Maître et Seigneur, Jésus, ils vont donner figure au don de soi qui va au bout de l’amour, en le reliant au sacrifice d’amour du Christ qui a donné sa vie pour tous.

Demandons à Dieu le désir d’aimer jusqu’au bout nos frères, de donner le témoignage d’une communauté vivante qui toujours développe l’amour en son sein ainsi que tout autour d’elle.

Dimanche 13 mai 2012

Chers amis,

La semaine a démarré avec la rencontre de la fraternité d'Albi, ce qui m'a permis de visiter la très belle cathédrale de cette ville. Egalement la rencontre avec la Fraternité de Limoges à Jean XXIII (St Léonard de Noblat) et celle d'Agen à Villeneuve-sur-Lot. Groupe de lecture d'évangile à La Croisille sur Briance, rencontres de travail avec l'Equipe d'Animation Pastorale à Eymoutiers et le MRJC à Bourganeuf. Diverses rencontres et préparations, un mariage à Itxassou d'Anne-Sophie et Mathieu, réunion de préparation de baptêmes et participation au pot des Pompiers d'Eymoutiers.

Je vous dis toute mes amitiés.

Jean-Michel Bortheirie

dimanche, 06 mai 2012

Le vrai choix, donner de bons fruits

5e dim Pâques B – 6 mai 12 – Le vrai choix, donner de bons fruits – cf. Ac 9,26-31 ;1Jn3,18-24 ;Jn 15,1-8

1-         En de multiples occasions, on est confronté à la notion du vrai, de la vérité, que ce soit dans les discours, dans la publicité, à la télé, à tel point qu’on ne sait plus ce qui est vraiment vrai, s’il ne s’agit pas de déguisement, travestissement, ou même tromperie. On peut être trompé sur la marchandise qui s’apparente à du vrai. On peut être trompé sur la personne qui nous a laissé croire autre chose. Et cela produit du trouble, parfois du découragement, ou bien ce qu’on dit souvent « à quoi bon ? ». Or, reconstruire la confiance dans le vrai demande du temps et de la persévérance. D’une certaine manière, c’est l’invitation des Textes de ce jour.

2-         L’exemple de l’histoire de Paul peut nous inspirer. Voici un persécuteur des premiers chrétiens qui est renversé de son cheval sur le chemin de Damas et rencontre Jésus ressuscité. Converti du tout au tout, il est accueilli à Damas mais comment va t-il se faire admettre dans la communauté de Jérusalem qui le connaît comme ennemi ? est-il vraiment converti ou bien fait-il semblant ? La confiance pourra se construire grâce à un intermédiaire qui est Barnabé, « l’homme du réconfort », qui avait donné des preuves de sa sincérité. Il s’implique personnellement pour le présenter aux Apôtres, garants de la vérité due à leur proximité avec le Christ. En conséquence, Paul pourra pleinement témoigner de ce qui lui est arrivé.

            Le vrai, c’est aussi l’identité de Jésus dans l’évangile de Jean : « je suis la vraie vigne ». Le terme de vérité dans la pensée juive est liée à l’idée de fidélité et de persévérance. Dans toute la Bible, spécialement chez les prophètes, le peuple d’Israël est comparé à une vigne. Mais le problème est que cette « vigne » n’a pas été « vraie », elle n’a pas été fidèle, elle n’a pas donné de fruits à son propriétaire. Par opposition, Jésus se déclare comme la vraie vigne, celle qui est comme transparente à la présence du Père d’amour. La vie d’amour du Père est parfaitement visible sur cette vigne et à travers cette vigne. La manière de Dieu est de toujours être disponible, de sauver, de porter et de guérir. A condition qu’il se trouve des personnes qui acceptent cette offre d’amour, et vivent en Alliance avec elle. En acceptant cette alliance, c’est comme entre un homme et une femme qui se reçoivent l’un de l’autre, une nouvelle manière de vivre apparaît. Une véritable circulation, l’amour de l’un conduisant à l’amour de l’autre et l’ensemble produisant de beaux fruits. Il ne faut pas imaginer qu’on reste passif, qu’il s’agirait seulement de rester accroché à la « vigne ». Jésus parle de demeurer en lui. C’est à dire de se disposer à changer. Demeurer en lui conduit à modifier peu à peu ses comportements, les rendant de plus en plus ajustés à cet amour, vrais comme est la vraie vigne. L’amour du Père qui transparaît dans la vigne, transparaît dans les membres, c’est à dire donne des fruits d’amour. Et sans nécessairement connaître qui est le vigneron, c’est le paradoxe de la foi, par le lien des fruits aux branches, c’est l’amour qui toujours transparaît.

3-         Qu’est-ce que cela peut signifier pour nous aujourd’hui ?

Tout d’abord, découvrir le vrai, c’est être actif. Ce n’est pas dans la lassitude ou la routine qu’on trouvera le vrai chemin. Etre accroché à la vigne et donner de bons fruits d’amour dans notre vie suppose qu’on fasse effort pour dépasser bien des contrariétés, persévérer dans la fidélité à notre vocation, cela ne peut se vivre qu’en se remuant et en agissant.

Ensuite, découvrir le vrai c’est être contemplatif. Etre accroché à l’auteur de la vie qu’est Dieu. C’est apprendre à le connaître davantage, prendre du temps pour lui, donner du temps à la prière, qui est une attitude d’amour envers le Bien-aimé. Sans la prière, on ne peut pas porter de vrais fruits qui demeurent. La prière donne le sens du vrai, et produit du bien.

Enfin, reconnaître que la vigne qu’est le Christ porte des fruits, pas seulement chez les croyants que nous sommes, mais aussi chez tous les hommes de bonne volonté qui, à leur manière, donnent à voir la permanence de l’amour de Dieu pour tous. Puissions nous le voir.

Demandons à Dieu d’approfondir en communauté notre appartenance à la vraie Vigne qu’est le Christ, et d’avancer avec confiance, sans peur, sur le chemin d’avenir qui s’offre à nous.

Dimanche 06 mai 2012

Chers amis,

La semaine a été marquée par le succès du Colloque d'Histoire que nous avions organisé le 30 avril à Eymoutiers avec l'Université de Limoges et la Société archéologique et historique du Limousin. Plus de 150 participants et vraiment des conférences très intéressantes et instructives. Tout le monde a été enchanté.

Diverses rencontres et répétitions, groupe de lecture d'évangile à St martin Chateau, des visites amicales et ce weekend, mariage à Linards, assemblée générale à Bord St Georges (23) du pèlerinage des agriculteurs à Lourdes, et rencontre avec la Fraternité Jesus Caritas d'Albi.

Je vous dis toutes mes amitiés

Jean-Michel Bortheirie